Les manufacturiers québécois réclament la fin du conflit au Port de Vancouver

Publié le 19/07/2023 à 14:08

Les manufacturiers québécois réclament la fin du conflit au Port de Vancouver

Publié le 19/07/2023 à 14:08

Par La Presse Canadienne

Les entreprises voient leurs activités perturbées, que ce soit pour l’importation de pièces d’équipement ou pour l’exportation de leurs produits. (Photo: La Presse Canadienne)

MONTRÉAL — Le gouvernement fédéral doit intervenir pour mettre fin au conflit de travail au Port de Vancouver, qui a des répercussions jusqu’au Québec, car l’effet des 13 jours de conflit a déjà grandement perturbé les activités des entreprises, plaide la présidente−directrice générale de Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ), Véronique Proulx. 

Le conflit de travail qui survient à l’autre bout du pays représente une menace concrète pour l’économie du Québec, souligne−t−elle en entrevue. «Les gens ont l’impression que parce que c’est loin, ça n’a pas tant d’impact au Québec, c’est faux. Le Port de Vancouver, c’est le plus achalandé au Canada.»

Mme Proulx a fait cette intervention avant que le ministre fédéral du Travail, Seamus O’Regan, affirme que la grève dans les ports de la Colombie−Britannique est illégale en vertu d’une décision du Conseil canadien des relations industrielles.

Dans un message sur Twitter, M. O’Regan dit que le conseil a ordonné que le syndicat cesse et s’abstienne de toute activité de grève parce qu’il n’a pas donné de préavis de 72 heures.

Le gouvernement fédéral a indiqué mercredi qu’il examinait toutes ses options, après que la direction du syndicat des 7400 débardeurs de la Colombie−Britannique a rejeté l’entente de principe proposée par un médiateur et acceptée provisoirement par les deux parties, jeudi dernier, pour mettre fin à la grève qui durait depuis 13 jours

Le syndicat de l’«International Longshore and Warehouse Union Canada» (ILWU) juge que «les employeurs n’avaient pas abordé les problèmes de coût de la vie» auxquels sont confrontés les travailleurs au cours des dernières années.

La question demeure sur la suite des choses, mais Mme Proulx juge que le fédéral doit intervenir pour mettre une fin définitive au conflit, en imposant un arbitrage comme cela a été fait pour le conflit au Port de Montréal.

Mme Proulx se défend de prendre parti contre les travailleurs du port. «La décision est imposée aux deux parties. Il n’y a pas de parti pris. Nous, on n’a pas de parti pris. Nous ne sommes pas à la table des négos. On veut que ce conflit vienne à terme parce que c’est nous qui sommes pris au piège.»

Elle souligne que le conflit perturbe les activités des entreprises québécoises. Pour chaque jour de grève, un manufacturier doit prévoir entre cinq à six jours pour rattraper le retard lié à l’arrêt des activités du Port de Vancouver. Cela représenterait des coûts de 135 000 $ en moyenne par entreprise, par jour de grève, estiment les membres québécois du MEQ, selon un sondage réalisé entre les 10 et 12 juillet.

Les entreprises voient leurs activités perturbées, que ce soit pour l’importation de pièces d’équipement ou pour l’exportation de leurs produits. «J’ai parlé à des entreprises dont le conteneur est coincé à Vancouver. Parfois, ce sont des produits qui sont critiques ou essentiels à la fabrication d’un produit fini. On comprend que ces produits−là ne peuvent pas être fabriqués.»

 

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