Les conditions sont «prometteuses» pour une entrée dans le sans-fil, selon Cogeco

Publié le 13/01/2023 à 14:59

Les conditions sont «prometteuses» pour une entrée dans le sans-fil, selon Cogeco

Publié le 13/01/2023 à 14:59

Par La Presse Canadienne

Philippe Jetté estime que les spectres détenus par l’entreprise sont suffisants pour remplir les conditions de l’organisme de réglementation. (Photo: La Presse Canadienne)

La direction du câblodistributeur Cogeco ne confirme pas qu’elle a la pleine certitude de faire le saut dans le sans-fil, mais l’affaire semble entendue. Son grand patron, Philippe Jetté, affirme que les conditions sont «prometteuses» et que l’entreprise montréalaise devrait présenter un plan détaillé à cet égard d’ici la fin de l’année.

Cogeco envisage depuis près de cinq ans la possibilité d’entrer dans le marché de la téléphonie mobile, mais la direction a toujours maintenu que sa décision dépendrait du cadre réglementaire lui permettant de louer l’accès au réseau des grandes sociétés de télécommunications canadiennes, soit Bell, Telus et Rogers.

L’avancement du processus de définition du cadre réglementaire laisse croire à Philippe Jetté que l’entreprise sera en mesure de présenter un plan à cet égard d’ici la fin de l’année, a-t-il dit, vendredi, lors d’une conférence de presse en marge de l’assemblée des actionnaires à Montréal.

«Avec ce qu’on a vu comme termes et conditions, dans le langage du CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes), c’est plus prometteur que les premières versions des textes, a-t-il affirmé. Je pense qu’il va falloir attendre à la fin d’avril pour avoir une finalité sur tous les critères (d’admissibilité) et à ce moment-là, on pourra ajuster nos plans.»

En octobre dernier, le CRTC a apporté des précisions aux conditions réglementaires qui permettront aux opérateurs régionaux de louer un accès aux réseaux des grandes sociétés de télécommunications canadiennes. Pour accéder au réseau d’un grand fournisseur, une entreprise devra exploiter un service mobile sans fil quelque part au Canada. Cogeco Communications n’offre pas ce service pour le moment.

Questionné sur le sujet, Philippe Jetté estime que les spectres détenus par l’entreprise sont suffisants pour remplir les conditions de l’organisme de réglementation.

«Dans notre territoire d’opération (où la société offre des services de câblodistribution), il y a quatre millions de Canadiens et on a 91% de ces quatre millions avec le spectre qu’on possède déjà. Avec les années, on va chercher à s’approcher le plus possible du 100%. On verra comment.»

 

Des pertes d’abonnés aux États-Unis

Cogeco a tenu son assemblée des actionnaires dans la foulée du dévoilement de ses résultats du premier trimestre, publiés jeudi après la fermeture des marchés.

Même si les bénéfices de l’entreprise sont supérieurs aux attentes des analystes, ses difficultés aux États-Unis inquiètent les investisseurs, et l’action de Cogeco reculait de presque 10% en après-midi.

Cogeco a perdu près 14 000 clients aux États-Unis, dont 10 000 en Ohio, où la société a tempéré ses efforts promotionnels en attendant de changer la marque de son acquisition WideOpen West.

Philippe Jetté juge qu’il est normal qu’un câblodistributeur perde des abonnés lorsqu’il intègre une acquisition à son giron. «C’est inévitable, ça arrive à chaque fois. Nous sommes dans la bonne direction pour arrêter les pertes et accueillir de nouveaux clients.»

Outre l’intégration de l’acquisition, l’analyste de Banque Scotia, Maher Yaghi, souligne que la concurrence s’intensifie aux États-Unis. «La dynamique concurrentielle force les câblodistributeurs américains comme Comcast à se montrer plus dynamiques dans leur concurrence aux plus petits acteurs, afin de compenser un marché en perte de vigueur.»

Pour les activités canadiennes, Maher Yaghi estime que les données démontrent «une certaine faiblesse» avec l’ajout de 2500 abonnés internet et la perte de 8300 abonnés à la télévision. «Ça s’explique par la concurrence de BCE et par la tendance du désabonnement au câble.»

L’analyste financier reconnaît que le prix de l’action est «abordable», s’attend à ce que la croissance soit modeste en 2023 et ne voit pas d’acquisitions potentielles qui pourraient fouetter la croissance aux États-Unis.

Ces pertes combinées à des conditions de marché plus difficile qu’anticipé _ les ménages surveillent de près leurs dépenses dans un contexte inflationniste _ ont amené la direction à réviser à la baisse ses prévisions pour l’exercice 2023.

Cogeco croit que ses revenus augmenteront d’entre 0,5% et 2,0% en 2023, comparativement à une prévision initiale située dans une fourchette entre 2,0% et 4,0%. Le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) devrait progresser d’entre 0,5% et 2,0% plutôt qu’entre 1,5% et 3,5%.

La direction maintient sa prévision d’une diminution d’entre 2% et 12% de ses flux de trésorerie.

Au premier trimestre terminé le 30 novembre, Cogeco a enregistré un bénéfice net de 120,4 millions de dollars, une augmentation de 3,2% par rapport à la même période l’an dernier. Le bénéfice ajusté par action s’est établi à 2,44 $.

Les revenus, pour leur part, ont monté de 6,1% pour atteindre 762,3 M$. Sans l’effet du taux de change, la progression aurait été de 2,3%.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice par action de 2,28 $ et des revenus de 745,4 M$, selon la firme de données Refinitiv.

L’action de Cogeco perdait, vendredi après-midi, 7,90 $, ou 9,68%, pour se négocier à 73,74 $ à la Bourse de Toronto.

 

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