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Le plan fédéral pour réduire les émissions de GES rate ses cibles

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Le plan fédéral pour réduire les émissions de GES rate ses cibles

Le «Plan de réduction des émissions pour 2030», publié par le gouvernement libéral en 2022, constitue une exigence en vertu de la nouvelle Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité, adoptée l’année précédente. (Photo: La Presse Canadienne)

Le plan détaillé du Canada pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 n’atteint pas ses cibles, conclut le commissaire fédéral à l’environnement. 

Jerry DeMarco a étudié en profondeur le plan fédéral de réduction des émissions, dans le cadre d’une série d’audits déposés mardi à la Chambre des communes.

Le «Plan de réduction des émissions pour 2030», publié par le gouvernement libéral en 2022, constitue une exigence en vertu de la nouvelle Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité, adoptée l’année précédente.

Ce plan fédéral est censé établir une feuille de route permettant au Canada d’atteindre ses cibles de réduction des émissions, y compris le prochain grand objectif, en 2030.

Or, le commissaire DeMarco souligne que le Canada n’a atteint aucun de ses objectifs d’émissions précédents, et qu’en vertu du plan actuel, il devrait réduire encore de plusieurs millions de tonnes ses émissions avant d’atteindre le prochain objectif en 2030.

En 2021, le gouvernement s’était engagé à réduire d’ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 45% par rapport au niveau de 2005. Pour atteindre cet objectif, le Canada devrait réduire ses émissions actuelles d’environ un tiers avant la fin de 2030.

Or, M. DeMarco a constaté que les mesures du Plan de réduction des émissions ne réduiront les niveaux actuels que d’environ un quart en 2030.

Plus de 80 mesures sont répertoriées dans le plan fédéral, mais le commissaire DeMarco constate que moins de la moitié comportaient une date limite de mise en œuvre — et quatre seulement avaient fixé un objectif spécifique de réduction des émissions.

Il a également noté que le gouvernement fédéral avait fixé ses objectifs avec des attentes trop optimistes quant à la rapidité avec laquelle certaines de ses politiques majeures seraient mises en œuvre, et sans tenir compte de l’impact que le changement climatique aurait entre−temps.

Par exemple, M. DeMarco souligne que la modélisation du gouvernement supposait qu’il n’y aurait pas de nouvelles centrales électriques au gaz naturel sans technologie de captage et de stockage du carbone après 2023, car des réglementations sur l’«électricité propre» seraient alors en place pour les interdire.

«Cependant, en août 2023, le règlement provisoire venait à peine d’être publié», souligne le commissaire à l’environnement et au développement durable.

Mia Rabson, La Presse Canadienne