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Le Dow Jones franchit pour la première fois les 40 000 points

AFP|Mis à jour le 18 juin 2024

Le Dow Jones franchit pour la première fois les 40 000 points

«C’est une très bonne nouvelle pour les fonds de pension des Américains et un nouveau signe de confiance dans l’économie américaine», a réagi le président des États-Unis, Joe Biden, sur X (ex-Twitter). (Photo: 123RF)

Le Dow Jones a franchi pour la première fois, jeudi, le seuil symbolique des 40 000 points à la Bourse de New York, poussé par des investisseurs qui voient approcher des baisses de taux d’intérêt. 

L’indice vedette de Wall Street était porté par Boeing, 3M et surtout par le géant de la distribution Walmart, qui a publié des résultats supérieurs aux attentes.

«C’est un événement», a commenté Art Hogan de B. Riley Wealth Management. «Cela parle à tout le monde.»

«Dépasser la barrière des 40 000 points est un gros coup de pouce psychologique pour ceux qui sont positionnés à la hausse», a estimé Chris Zaccarelli, d’Independent Advisor Alliance. «Les chiffres ronds ont souvent une signification particulière dans les esprits.»

Vers 11 h 40, l’indice ressortait 40 021,11 points, après être monté jusqu’à 40 051,05 points plus tôt en séance.

«C’est une très bonne nouvelle pour les fonds de pension des Américains et un nouveau signe de confiance dans l’économie américaine», a réagi le président des États-Unis, Joe Biden, sur X (ex-Twitter).

Le Dow Jones avait dépassé les 30 000 points fin novembre 2020.

Depuis son point bas aux premiers jours de la pandémie de COVID-19, en mars 2020, marquée par la panique initiale des opérateurs, l’indice a plus que doublé (+120%).

La représentativité du Dow Jones, qui fêtera ses 128 ans le 26 mai, est souvent contestée, car chacun des 30 titres qui y figurent est pondéré en fonction de la valeur de l’action, un paramètre jugé peu pertinent.

L’assureur santé UnitedHeatlh est ainsi, d’assez loin, la première pondération du lot (8,5% de l’indice), alors qu’Amazon, cinquième capitalisation boursière mondiale, n’est que 15e (3% de l’indice).

Dans le cas des deux autres indices majeurs de Wall Street, le Nasdaq et le S&P 500, l’importance de chaque société est relative à sa capitalisation boursière totale.

Néanmoins, même si les professionnels suivent de plus près Nasdaq et S&P 500, «le petit épargnant» va prêter davantage attention au Dow Jones, souligne Art Hogan.

 

Encore plus haut? 

Depuis sa création, la composition du Dow Jones a été modifiée à 58 reprises, pour intégrer, notamment des valeurs de la nouvelle économie comme Amazon, Apple ou Intel.

Aucun des trente pensionnaires initiaux de l’indice n’en fait encore partie. General Electric aura été le dernier membre d’origine à sortir, en 2018.

«L’élan technique et la solidité des fondamentaux, qu’il s’agisse des résultats de sociétés ou des taux d’intérêt, laissent penser que le marché peut encore progresser» au-delà de ce seuil, a commenté John Lynch, de Comerica Wealth Management.

Dow Jones, Nasdaq et S&P 500 avaient tous trois terminé mercredi à leur plus haut niveau jamais observé en clôture.

Après un creux en avril, Wall Street a rebondi et dépassé ses sommets de fin mars pour établir de nouveaux records cette semaine.

Dans cette configuration, en se référant aux données historiques, le marché a tendance à poursuivre sur sa lancée pendant plusieurs mois, a indiqué Sam Stovall, de CFRA.

Les récents indicateurs publiés aux États-Unis témoignent d’un essoufflement de l’économie américaine.

Il est bien accueilli par les investisseurs, qui le jugent modéré et y voient la promesse d’un prochain assouplissement monétaire de la banque centrale américaine (Fed).

«Nous sommes sur un marché haussier, qui fait preuve d’exubérance» comme en témoigne le retour des «meme stocks», titres propulsés par des petits boursicoteurs, «et qui se concentre sur les bonnes nouvelles en écartant les mauvaises», selon Chris Zaccarelli.

Pour autant, dans un tel contexte, «il est prudent de se montrer plus sélectif lorsque l’on investit dans les actions», prévient-il. «Nous n’achèterions pas les indices en ce moment», c’est-à-dire des produits financiers qui suivent l’évolution du Dow Jones ou du Nasdaq dans sa totalité.

Alors que le Nasdaq — en particulier ses valeurs technologiques — avait dopé la place new-yorkaise en 2023, la performance récente du Dow Jones témoigne d’un élargissement du mouvement à d’autres secteurs.

Sam Stovall relève que les services aux collectivités, comme les câblo-opérateurs, et l’immobilier ont bénéficié de cette diversification. Le secteur industriel ainsi que les banques sont aussi recherchés.

L’analyste s’attend à ce que ces valeurs continuent à porter le marché dans les semaines à venir.