Le développement du fleuve face aux changements climatiques


Édition du 28 Février 2015

Le développement du fleuve face aux changements climatiques


Édition du 28 Février 2015

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Les experts en changements climatiques prédisent une réduction des débits du fleuve Saint-Laurent de l'ordre de 20 à 30 % d'ici la fin du siècle ; 24 % selon Environnement Canada. Déjà, le niveau des Grands Lacs est bas, jusqu'à deux pieds sous le niveau normal dans les lacs Huron et Michigan, et les milieux humides précieux de la baie Georgienne et du lac Saint-Pierre sont dans un état inquiétant. Les conditions de navigation sont souvent critiques, de même que les prises d'eau potable des nombreuses villes riveraines.

Les dommages seront particulièrement importants de Montréal à Québec, où le fleuve présente une profondeur de seulement quelques mètres, à l'exception d'un canal étroit mais profond d'une quinzaine de mètres. Une réduction des débits de l'ordre de 20 à 30 % au cours du siècle pourrait avoir pour effet d'assécher le lit du fleuve sur probablement plus de 30 % de sa largeur. Faudrait-il renoncer à tous les projets intéressants concernant la mise en valeur du fleuve et le développement des ports, si importants pour l'économie, et ce, au point de faire l'objet des grandes stratégies politiques ?

L'ensemble du bassin du fleuve Saint-Laurent devrait constituer une cascade de huit réservoirs dont les niveaux et les débits devront être désormais gérés efficacement. Quatre de ces huit ouvrages sont déjà en exploitation à Sault-Sainte-Marie pour le lac Supérieur, à Niagara pour le lac Érié, à Cornwall pour le lac Ontario et à Beauharnois pour le lac Saint-François. Quatre autres ouvrages sont à construire : à Sarnia pour les lacs Michigan et Huron, aux rapides de Lachine pour le lac Saint-Louis, à Sorel pour la partie amont du fleuve et à Deschambault pour le lac Saint-Pierre.

Ces barrages de deux à trois mètres de hauteur assureront la gestion des eaux à leur niveau historique et l'utilisation optimale de chaque goutte d'eau.

Le coût total du projet : cinq milliards de dollars, y compris des écluses de type Paramax. Les responsabilités relèvent du gouvernement du Canada et, conjointement, de celui des États-Unis dans le cas de Sarnia.

Le projet permettra d'atteindre les objectifs suivants : retenir et mettre à profit les eaux de crues ; assurer la disponibilité d'eau potable de 200 millions de personnes ; sauvegarder 18 000 kilomètres (km) de rives et de 1 200 km2 de milieux humides ; assurer la pérennité de la voie maritime ; ouvrir le port de Montréal à des navires de grande capacité, peut-être de 75 à 100 000 tonnes ; maintenir les niveaux d'exploitation des centrales hydroélectriques et en accentuer la productivité aux périodes de fortes demandes en y ajoutant une production d'énergie de quelque 13 térawattheures/an (l'équivalent de deux centrales nucléaires de 15 G$ chacune) ; créer quatre liens interrives stratégiques s'autofinançant en moins de quatre ans ; en plus d'ajouter à perpétuité des revenus importants en production d'énergie.

Les enjeux semblent suffisamment évidents pour procéder à des études plus approfondies de la part du gouvernement du Canada, dont ce projet relève.

F. Pierre Gingras est chercheur à l’Académie canadienne du génie.

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