Le chiffre magique à surveiller le soir du 3 octobre: 63 sièges

Publié le 28/08/2022 à 09:52

Le chiffre magique à surveiller le soir du 3 octobre: 63 sièges

Publié le 28/08/2022 à 09:52

Par La Presse Canadienne

Certains chefs joueront leur avenir politique dans les prochaines semaines, s’ils n’ont pas réussi à augmenter le nombre de sièges remportés par leur formation politique en 2018, voire à conserver ceux déjà acquis. (Photo: 123RF)

Québec — Le nombre de sièges: voilà qui fait foi de tout, lors d’une soirée électorale. Et c’est ce que les organisateurs vont surveiller le soir du 3 octobre. À l’Assemblée nationale, le chiffre magique est 63. Il faut conquérir au moins 63 sièges pour former un gouvernement majoritaire.

Consultez notre dossier sur les Élections provinciales 2022.

Peu importe le vote populaire, au diable les victoires morales, ce que veulent les partis politiques ce sont des sièges au parlement, le lieu ultime du pouvoir. Parfois un seul vote peut changer la vie d’un candidat ou d’un parti, faire la différence entre la victoire et la défaite, le pouvoir ou l’opposition.

Les cinq principaux partis prévoient présenter des candidats dans chacune des 125 circonscriptions. À la fin de la soirée du 3 octobre, les Québécois auront élu une nouvelle Assemblée nationale, formée de 125 députés, anciens et nouveaux, appelés à servir la population jusqu’en 2026.

Rien n’est encore joué, mais si on se fie aux candidatures déjà annoncées par les différents partis, tout indique qu’on aura droit à un parlement plus diversifié que jamais, avec un nombre record de femmes, d’autochtones et d’élus issus des minorités culturelles.

Le portrait d’ensemble du Salon bleu devrait donc mieux refléter la composition réelle de la société qu’il doit représenter. On commence tranquillement à s’éloigner du député type: un homme blanc, 50 ans, pure laine Québécois, et avocat, de préférence.

Au Québec, on compte pas moins de 27 partis politiques reconnus par le Directeur général des élections. Plusieurs centaines de candidats se disputeront l’appui des électeurs. Les personnes intéressées ont jusqu’au 17 septembre pour poser leur candidature. En 2018, ils étaient au total 940 à convoiter l’une des 125 places disponibles.  

Mais sur la ligne de départ, on n’en compte que cinq qui, sur le plan statistique, risquent de faire élire des députés et de former le prochain gouvernement.

 

Pas à armes égales

Les cinq ne partent pas tous à armes égales. Lorsque les travaux parlementaires ont pris fin en juin, le parti au pouvoir, la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, avait 76 des 125 sièges, soit deux de plus qu’en 2018, formant un gouvernement majoritaire.

L’opposition officielle, formée du Parti libéral du Québec (PLQ), en avait 27, ayant perdu en chemin quatre sièges depuis 2018, tandis que Québec solidaire, deuxième parti d’opposition, en comptait 10. 

Le Parti québécois (PQ) avait 10 sièges, au lendemain de l’élection de 2018, mais n’en avait plus que sept à la fin du mandat.

Durant le mandat, un nouveau joueur s’est invité, Éric Duhaime, qui a pris les rênes du Parti conservateur du Québec (PCQ), réussissant à convaincre la députée caquiste devenue indépendante Claire Samson de faire le saut dans son camp, ce qui lui a ouvert la porte de l’Assemblée nationale pour rencontrer régulièrement la presse parlementaire et ainsi mieux se faire connaître des électeurs.

Quatre députés étaient indépendants, deux issus du PLQ et deux du PQ.

Le positionnement des cinq chefs varie beaucoup. François Legault part avec une longueur d’avance: il en sera à sa quatrième campagne dans les habits de chef. Pour les quatre autres, ce sera une première. C’est devenu le doyen de l’Assemblée, élu pour la première fois en 1998, sous la bannière du Parti québécois. 

Deux des cinq chefs n’ont jamais été élus à l’Assemblée nationale, Éric Duhaime et le chef du PQ, Paul St−Pierre Plamondon.

Éric Duhaime tente de se faire élire dans Chauveau, une circonscription du nord de la ville de Québec, et M. Plamondon tente sa chance dans Bourget, à Montréal, une ancienne forteresse péquiste qui sera rebaptisée Camille−Laurin, en l’honneur du père de la loi 101.

Tout peut arriver dans une campagne électorale, mais au terme du présent mandat, si on se fie à tous les sondages de la dernière année, seule la CAQ semble pouvoir espérer former le prochain gouvernement. Le site de projections électorales établies à partir de sondages Qc125 prévoit que, si la tendance se maintient, François Legault pourrait ravir jusqu’à une centaine de sièges, laissant des miettes aux autres.

Les chefs sont d’abord des députés comme les autres et doivent se faire élire ou réélire dans leur circonscription. Deux chefs peuvent dormir sur leurs deux oreilles, d’après les sondages: François Legault (CAQ), dans L’Assomption, et Gabriel Nadeau−Dubois (QS), dans Gouin. 

Pour les trois autres, la victoire semble loin d’être acquise. La cheffe libérale Dominique Anglade paraît menacée, à la fois par la CAQ et QS dans Saint−Henri−Sainte−Anne. La lutte s’annonce difficile pour Paul St−Pierre Plamondon dans Bourget et pour Éric Duhaime dans Chauveau, deux circonscriptions caquistes que la CAQ entend bien conserver.  

Le défi pour tous les partis d’opposition sera de faire mentir les sondages, de garder les troupes mobilisées, de faire sortir leur vote, et surtout de réussir à percer l’armure de François Legault d’ici le 3 octobre. 

Certains chefs joueront leur avenir politique dans les prochaines semaines, s’ils n’ont pas réussi à augmenter le nombre de sièges remportés par leur formation politique en 2018, voire à conserver ceux déjà acquis.

Car il faut bien l’admettre: le nombre de sièges, voilà qui fait foi de tout en politique, dans le système actuel.


Par Jocelyne Richer

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