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La hausse des prix de l’immobilier résidentiel tire à sa fin

Charles Poulin|Mis à jour le 16 avril 2024

La hausse des prix de l’immobilier résidentiel tire à sa fin

«Cette nouvelle poussée de fièvre, sur fond de surenchère, pourrait être une des toutes dernières, avance dans un communiqué le directeur du Service de l’analyse de marché à l’APCIQ, Charles Brant. (Photo: courtoisie)

La poussée de prix de l’immobilier résidentiel de 17% observée en mars dans la grande région métropolitaine tire à sa fin, estime l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).

L’organisme remarque que les prix ont encore progressé de façon «vigoureuse». Elle note toutefois un changement dans l’inventaire des propriétés à vendre.

«Cette nouvelle poussée de fièvre, sur fond de surenchère, pourrait être une des toutes dernières, avance dans un communiqué le directeur du Service de l’analyse de marché à l’APCIQ, Charles Brant. Le nombre d’inscriptions en vigueur tend à se stabiliser, voir remonter dans certains secteurs et catégories après une chute incessante enregistrée depuis le début de la pandémie.»

Parallèlement, ajoute-t-il, les ventes ont diminué à un nombre inférieur à ce que l’on pouvait observer avant la pandémie. En mars, elles ont reculé sur l’île de Montréal (-10%), à Laval et sur la Rive-Sud (-12%), sur la Rive-Nord et Vaudreuil-Soulanges (-15%) ainsi qu’à Saint-Jean-sur-Richelieu (-37%).

«Dans un contexte de hausse de taux, le bassin d’acheteurs potentiels se réduit de plus en plus», affirme Charles Brant. La nouvelle hausse du taux d’intérêt directeur attendue le 13 avril prochain devrait contribuer à calmer davantage le jeu alors que les propriétaires vendeurs pourraient être plus nombreux à mettre leur propriété sur le marché afin de profiter d’une situation de marché encore très favorable.»

Québec

La situation n’est pas tout à fait la même dans la région de Québec. Les inscriptions sont encore en baisse et les ventes, même si elles sont un peu plus faibles (-16%) que le record de mars 2021, sont encore fortes.

«Cette situation engendre des conditions de marché encore plus serrées et fait rapidement progresser la proportion des ventes conclues à la suite d’un processus de surenchère, explique Charles Brant. Il en résulte, inévitablement, une accélération de la croissance des prix, notamment pour le marché des plex qui bénéficie d’un intérêt grandissant aux yeux des petits investisseurs.»

Le prix médian des maisons unifamiliales a grimpé de 10%, celui des copropriétés de 12% et celui des plex (deux à cinq logements) de 17%.

Le marché de Québec est en situation de rattrapage par rapport à celui de Montréal, indique Charles Brant.

Acheter ou reporter

Si l’APCIQ voit le bout du tunnel, les acheteurs potentiels, eux, ne semblent pas l’apercevoir. Un récent sondage mené par la Banque Scotia révèle que 89% des Québécois interrogés estiment que les prix vont continuer de monter au cours des 12 prochains mois.

Il en résulte en une forte proportion (43%) qui ont décidé de reporter leur projet d’achat en attendant que le marché se calme.

«Pour savoir s’il vaut mieux acheter ou reporter, il est difficile de se baser uniquement sur les chiffres d’un seul mois, souligne le vice-président régional, Est du Canada, à la Banque Scotia, Vincent Déziel. On voit encore plein de ventes avec surenchères et de courts délais. Beaucoup de gens reportent de nouveau leur décision d’achat.»

Pour savoir s’il s’agit actuellement d’une bonne période pour acheter une propriété ou non, chaque acheteur doit regarder sa situation.

«Une personne qui a une bonne mise de fonds et qui est capable de supporter la hausse de taux sera en meilleure position, avoue Vincent Déziel. Si on a l’intention de conserver la propriété 15 ou 20 ans, l’impact du prix sera moindre.»

Il rappelle par ailleurs que les taux hypothécaires en vigueur, même s’ils sont en augmentation, sont similaires à ceux qui étaient offerts tout juste avant la pandémie.