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GNL Québec: Legault dit non à la relance du projet gazier

La Presse Canadienne|Mis à jour le 26 avril 2024

GNL Québec: Legault dit non à la relance du projet gazier

En février, dans un rapport de 285 pages, l’Agence d’évaluation d’impact du Canada avait fait savoir que le projet était susceptible de nuire à l’environnement, après six ans d’examen. (Photo: 123RF)

Saint-Agapit — Le chef caquiste François Legault a fermé la porte mercredi à une relance du projet controversé GNL Québec, contredisant ainsi son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

Radio-Canada a révélé que dans des échanges avec le gouvernement fédéral, M. Fitzgibbon, aurait laissé entendre qu’après les élections, un gouvernement caquiste serait prêt à reconsidérer et accélérer le projet de terminal gazier de plus de 10 milliards de dollars à Saguenay.

En conférence de presse mercredi, M. Legault a dit que rien n’avait changé et a dit non quand on lui a demandé s’il y avait avoir du gaz avec un gouvernement caquiste réélu.

Le projet avait été refusé autant par Québec que par Ottawa, après des évaluations environnementales exhaustives de part et d’autre.

Le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) concluait clairement qu’il n’y avait pas d’acceptabilité sociale dans la région et que le projet n’avait pas démontré sa pertinence.

Mais le contexte a changé: l’Europe a un appétit désespéré pour de nouvelles sources d’approvisionnement en gaz, afin de s’affranchir de sa dépendance au gaz russe, à la suite de l’invasion de l’Ukraine.

En avril, le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette, avait tenu à mettre fin à toute ambiguïté et avait fermé la porte une bonne fois pour toutes au projet.

«On a pris la décision (de dire non) l’an dernier et on n’a aucune intention de la reconsidérer», a-t-il déclaré en anglais en marge d’une annonce sur un plan de réduction des gaz à effet de serre.

«Ce n’est plus un projet (envisagé) au Québec et nous sommes plutôt fermes là-dessus.»

En février, dans un rapport de 285 pages, l’Agence d’évaluation d’impact du Canada avait fait savoir que le projet était susceptible de nuire à l’environnement, après six ans d’examen.

L’Agence conclut que l’usine augmenterait les émissions de gaz à effet de serre (GES), que la hausse du trafic maritime sur le Saguenay nuirait à la population de bélugas, tandis qu’il y aurait également des effets négatifs sur le patrimoine culturel des Premières Nations innues.

Le gouvernement Trudeau a donc décidé que ces impacts négatifs sur l’environnement étaient non justifiables dans les circonstances et a refusé d’accorder son autorisation.

En juillet 2021, le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, avait annoncé que le projet ne pouvait voir le jour.

Le conseil des ministres a statué que le projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel risquait de «défavoriser la transition énergétique», a expliqué M. Charette. Il a ajouté que ce projet était «risqué» sur le plan économique et avait «plus de désavantages que d’avantages».

Dans son rapport publié en mars 2021, le BAPE concluait que la somme des risques du projet dépassait largement ses avantages.

L’entreprise n’avait pas réussi à démontrer que l’opinion publique était favorable, que le projet servirait à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde et qu’il permettrait d’accélérer la transition vers des énergies propres.

L’objectif de l’usine était d’exporter par voie navale, chaque année, 11 millions de tonnes de gaz naturel provenant de l’Ouest canadien vers l’Europe et l’Asie, pour une période allant de 25 à 50 ans. Un gazoduc de 780 kilomètres de long devait aussi être construit par l’entreprise Gazoduq, afin d’acheminer le gaz de l’Ontario au Saguenay.

Une évaluation du Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services estime que l’usine aurait émis l’équivalent de 704 kilotonnes de CO2 par an. Cependant, si on inclut l’extraction, le transport et l’utilisation du gaz, ce nombre s’élèverait plutôt à 45 486 kilotonnes par année.