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Des investissements records en immobilier commercial en 2022

Charles Poulin|Mis à jour le 16 avril 2024

Des investissements records en immobilier commercial en 2022

Le taux d’inoccupation et le loyer moyen des bureaux devraient baisser au Canada en 2022, avance le CBRE. (Photo: 123RF)

L’immobilier commercial devrait largement profiter d’un retour aux activités économiques plus normales post-COVID en 2022 avec des investissements records de 58,5 milliards de dollars (G$) à travers le Canada.

L’étude Perspectives sur le marché de l’immobilier au Canada, dévoilé par le Groupe CBRE, indique que le précédent record de 57,9 G$, établit en 2021, devrait être battu de 600 M$ cette année.

La demande sera forte autant du côté industriel que du côté commercial. Les capitaux d’investissement restent exceptionnellement vigoureux, révèle le Groupe CBRE, puisque de nombreuses entreprises sont très motivées à investir des fonds dans la foulée du ralentissement causé par la pandémie.

«Malgré certains défis bien réels qui se profilent à l’horizon, il est difficile de soutenir que l’environnement actuel des marchés des capitaux au Canada est autre chose que solide», souligne dans un communiqué le vice-président de CBRE au Canada, Paul Morassutti. «L’industrie canadienne de l’immobilier commercial émerge de cette crise en très bonne forme, bien que nous reconnaissions que les événements qui se déroulent en Ukraine constituent une mise en garde importante.»

Bureaux et industriel

Le taux d’inoccupation et le loyer moyen devraient baisser au Canada, avance le CBRE. Même si le parc immobilier augmentera quelque peu (266 millions de pieds carrés en 2021 contre 270,8 millions en 2022), le taux d’inoccupation devrait chuter de 0,1%, que ce soit dans les centres-villes des grands centres urbains ou leurs banlieues.

Le loyer moyen au pied carré pour des locaux de catégorie A, lui, devrait passer de 21,28$ à 21,16$.

Du côté des locaux industriels, la demande sera vive. Le taux de disponibilité continuera de baisser, passant de 1,8% à 1,7%, ce qui appliquera une pression à la hausse sur les loyers (10,47$ contre 11,46$ le pied carré) ainsi que sur les prix de vente (218$ contre 257$ le pied carré).

Situation au Québec

La situation au Québec sera quelque peu différente de celle observée dans le reste du Canada, particulièrement du côté des bureaux. Le taux d’inoccupation montera à Montréal, passant de 14,8% à 15,2%. Le loyer moyen sera lui aussi en croissance (18,50$ le pied carré en 2021 contre 19,70$ en 2022).

Le CBRE avance que cette situation est liée à l’incertitude entourant la fin des mesures sanitaires imposées par le gouvernement. Les occupants de bureaux ont continué de reporter leurs décisions sur les espaces devant accueillir les travailleurs parce qu’ils veulent attendre et connaître l’impact réel de la culture du télétravail sur leurs besoins en termes de superficie.

«Si la COVID-19 ne produit pas d’autres chocs, 2022 sera marquée par le redressement du marché grâce à la recherche et à la fidélisation des talents en priorité absolue, ce qui portera l’immobilier moderne des bureaux de grande qualité, note le CBRE dans son étude. En raison du solide esprit d’entreprise et de la forte base de locataires à Montréal, on s’attend à ce que les améliorations de l’environnement opérationnel se répercutent sur l’activité.»

Du côté industriel, le taux de disponibilité restera le même (0,9%), mais les prix de location (10,23$ contre 12,50$) et de vente (206$ contre 260$) connaîtront une forte progression en raison de la demande accrue, montée qui pourrait se poursuivre au cours des prochaines années.

«L’offre de terrains est toujours aussi faible, et les projets d’aménagement se multiplieront dans les marchés de la banlieue et de la périphérie de Montréal, surtout dans le sud-est et le sud-ouest, estime le CBRE. Grâce aux solides indicateurs de base, qui justifient la construction, et en raison des restrictions qui empêchent de constituer des réserves foncières dans certains secteurs, on s’attend à plus de projets d’aménagement spéculatif dans l’année à venir.»

À Québec, le taux d’inoccupation des bureaux sera à la baisse (8,1% contre 7,9%) et les prix seront en croissance (18,50$ contre 19,70$). La grande demande pour les locaux industriels poussera les prix vers le haut. Ils passeront de 10,01$ le pied carré à 12$ pour la location, et de 221$ le pied carré à 240$ pour la vente.

Le paysage de l’immobilier commercial dans la Capitale-Nationale devrait toutefois être grandement affecté par la vente des actifs de Cominar au consortium mené par Canderel.

«La privatisation de ce portefeuille, qui réunit différents types de biens immobiliers, viendra remodeler le paysage de Québec, surtout dans l’immobilier industriel, souligne le CBRE. Il faut s’attendre à ce que de nombreux biens immobiliers de Cominar soient réaménagés, ce qui donnera lieu à de nouveaux repères de prix en 2022.»