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Construction: une entente possible d’ici le 21 mai?

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Construction: une entente possible d’ici le 21 mai?

Dès le 21 mai, les syndiqués pourront exercer des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève. (Photo: La Presse Canadienne)

Des entrepreneurs en construction croient toujours possible de s’entendre avec l’Alliance syndicale d’ici le 21 mai — date à laquelle les syndiqués pourront exercer des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève. 

Quelque 190 000 travailleurs sont concernés et des milliers d’entreprises de construction, qui sont fortement en demande, avec la relance économique, les projets d’infrastructures et la rénovation domiciliaire. 

Les quatre conventions collectives sont arrivées à échéance vendredi dernier et la médiation n’a pas été prolongée après le 30 avril. Les discussions se poursuivent toutefois avec les conciliateurs.

 

Discuter des irritants patronaux 

Les parties ne sont pas si éloignées que ça, mais il faut discuter des «irritants patronaux», a plaidé en entrevue mercredi Guillaume Houle, porte−parole de l’Association de la construction du Québec.

«Les écarts ne sont pas si loin à notre avis. On est tout près d’une entente. On demande un petit peu d’ouverture, un tant soit peu d’ouverture sur les conventions collectives, qui n’ont pas été modernisées depuis près de 10 ans maintenant. À notre avis, une entente est toujours possible d’ici le 21 mai», croit le porte−parole patronal.

«Les patrons ont mis beaucoup d’argent sur la table. On parle d’augmentations salariales substantielles, du sauvetage du régime d’assurances collectives, et également beaucoup d’argent dans le régime de retraite. Et tout ce qu’on demande à l’heure actuelle, c’est d’adresser quelques irritants patronaux», ajoute M. Houle. 

Le porte−parole d’entrepreneurs affirme du même souffle jouir encore d’une marge de manoeuvre.

Les parties ne semblent effectivement pas si éloignées que ça sur le plan salarial. L’Alliance syndicale demande 8,2% sur quatre ans et l’Association de la construction du Québec, par exemple, offre 7,5%.

 

Les applications mobiles

La question de l’utilisation des applications mobiles au chantier, entre autres, les divise.

Le porte−parole de l’Alliance syndicale, Éric Boisjoly, l’a décrite en entrevue comme «le nerf de la guerre». Il craint pour la vie privée des travailleurs qui, avec ces applications mobiles sur leur téléphone personnel, «marquent leur feuille de temps» et inscrivent leurs heures supplémentaires.

M. Houle affirme que c’est là un des «irritants patronaux», mais pas le seul. 

Mais Jérôme Guay, président fondateur de Mobile Punch, une des entreprises qui offrent ce service, assure que l’application a été conçue pour préserver la vie privée des travailleurs.

«Quand l’employé arrive au chantier, il va puncher avec son doigt et ça va envoyer un signal de géolocalisation, ça va prendre sa position, puis par la suite, c’’est désactivé», affirme M. Guay.

Il n’est pas question de suivre un travailleur dans ses déplacements toute la journée, au café, aux toilettes, ni d’avoir accès à ses courriels et à ses informations privées, a certifié M. Guay en entrevue.

 

Autres demandes syndicales 

L’Alliance syndicale rappelle qu’il existe un fort problème de rétention de la main−d’oeuvre dans la construction et que, pour attirer et retenir des travailleurs, il faut améliorer leurs conditions de travail.

Elle revendique aussi le droit pour les travailleurs dans les régions de travailler aux chantiers qui sont déployés dans leur région respective — ce qu’on appelle la priorité d’embauche régionale.