Comment Harvard a réussi à amasser 33 G$ US


Édition du 22 Février 2014

Comment Harvard a réussi à amasser 33 G$ US


Édition du 22 Février 2014

Pas d'événements-bénéfice

Au Québec, les évènements-bénéfice abondent : grands bals, soupers spaghetti, tournois de golf, etc. L'Université Harvard n'organise jamais de tels événements, dont les individus se méfient parce qu'ils savent qu'ils vont se faire «quêter». Les événements de l'Université Harvard servent à remercier ses bienfaiteurs, à les tenir informer de l'évolution des projets qu'ils financent, à garder le contact, à réseauter, etc. Aucun risque de se faite solliciter !

Si vous avez déjà fait un don à une université québécoise, vous avez probablement reçu une belle lettre de remerciement, «tout écrite d'avance», du recteur. À Harvard, vous auriez reçu une lettre d'un étudiant ou d'un chercheur vous expliquant ce que votre don va lui permettre de faire. «C'est tellement plus personnel !», constate M. Bolduc.

Une tendance

Les gros donateurs, c'est bien connu, aiment beaucoup donner un coup de pouce à la réalisation d'un projet précis. Le problème est que le donataire a les deux mains liées et ne peut utiliser l'argent comme il le souhaiterait.

Harvard en est un bon exemple : lors de son dernier exercice financier, la célèbre institution, fondée en 1636, a réalisé un déficit de 34 M $ US. À ce sujet, un haut dirigeant de HEC Montréal nous expliquait il y a quelque temps que les donateurs ne veulent pas payer pour les activités courantes des institutions, comme l'entretien des bâtiments. «Ils veulent apporter un plus.»

Pour tenter de changer les choses, Harvard veut convaincre ses donateurs de lui faire confiance et d'orienter leurs dons vers la réalisation d'une vision globale plutôt que vers celle d'un projet en particulier, dit Mme Chalifour-Scherrer.

Presser le citron

Autre tendance : depuis toujours, Harvard capitalisait 100 % des dons reçus, c'est-à-dire qu'elle ne dépensait que les revenus de placement des dons. Depuis peu, elle capitalise 80 % des dons et en dépense 20 %, histoire d'avoir plus rapidement des résultats concrets à montrer à ses donateurs.

Enfin, Harvard a mis fin à une croyance très répandue selon laquelle il y aurait des limites à «achaler» les gens pour leur demander l'argent. Ce qui porte souvent les organismes à «laisser tranquilles» leurs donateurs après avoir atteint l'objectif de leur campagne de financement.

Mais pour l'Université Harvard, il n'y a pas de limites. Au début des années 1990, elle recevait environ 75 M$ par an en dons. Au milieu des années 1990, elle a lancé une campagne «spéciale» qui a substantiellement haussé le niveau de dons. Et depuis la fin de cette campagne, les rentrées annuelles de dons n'ont jamais descendu sous la barre des 150 M$.

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