Climat: une réglementation est nécessaire pour le secteur financier

Publié le 02/11/2022 à 13:16

Climat: une réglementation est nécessaire pour le secteur financier

Publié le 02/11/2022 à 13:16

Par La Presse Canadienne

Des groupes tels qu’Environmental Defence, Ecojustice et Shift:Action ont présenté leur proposition dans un rapport qui pousse le gouvernement fédéral à exiger des plans climatiques «crédibles» des secteurs de la banque, de l’assurance et des rentes. (Photo: La Presse Canadienne)

Toronto — Des défenseurs de l’environnement affirment que le secteur financier a besoin de réglementations strictes pour l’inciter à agir en matière de changements climatiques, car l’action volontaire n’arrive pas assez vite pour respecter les obligations du Canada.

Des groupes tels qu’Environmental Defence, Ecojustice et Shift:Action ont présenté leur proposition dans un rapport qui pousse le gouvernement fédéral à exiger des plans climatiques «crédibles» des secteurs de la banque, de l’assurance et des rentes qui limiteraient le réchauffement à 1,5 degré, et à exiger des évaluations de ces plans par les régulateurs.

Les banques et autres acteurs financiers se sont déjà engagés à atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050. Ils ont défini cette année des objectifs à plus court terme de réduction des émissions financées pour les secteurs à fortes émissions d’ici 2030, comme l’exige leur adhésion à la Glasgow Financial Alliance for Net Zero (GFANZ) dirigée par Mark Carney.

Les environnementalistes soulignent cependant la décision prise la semaine dernière par l’alliance de se distancer discrètement d’un autre club climatique, la Campagne Objectif zéro, soutenue par l’ONU, comme preuve que les engagements volontaires ne sont pas assez forts.

La scission est survenue après qu’Objectif zéro a introduit des critères plus stricts en juin concernant les réductions d’émissions et le financement des combustibles fossiles, ce qui a entraîné un recul de la part de nombreux acteurs du secteur bancaire et a finalement conduit GFANZ à ne plus exiger que les membres fassent également partie d’Objectif zéro.

Julie Segal, responsable principale du programme de financement climatique chez Environmental Defence, affirme que tout plan climatique crédible a un pic d’émissions d’ici 2025, alors que le secteur financier consacre encore trop d’argent à l’expansion de la production de combustibles fossiles.

«Nous avons besoin que le secteur financier s’aligne sur l’engagement climatique juridique actuel du Canada de maintenir le réchauffement en dessous de 1,5 degré. Et cela doit arriver maintenant», clame-t-elle. 

Elle ajoute que les réglementations et la surveillance proposées pourraient être mises en œuvre au sein des agences et des pouvoirs existants, tout en laissant à chaque institution la possibilité de décider de sa propre voie, mais les plans climatiques fédéraux actuels ne se concentrent pas suffisamment sur le secteur financier.

«Le secteur financier est une pièce manquante clé, précise Mme Segal. Il s’agit d’une lacune fondamentale dans la politique climatique canadienne et vraiment d’un point clé.»

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