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Banques alimentaires: le taux de pauvreté serait sous-estimé

La Presse Canadienne|Mis à jour le 11 juillet 2024

Banques alimentaires: le taux de pauvreté serait sous-estimé

Banques alimentaires Canada estime que «le taux de pauvreté officiel du Canada ne donne pas une image complète de la faim et de l’insécurité alimentaire» au pays. (Photo: La Presse Canadienne)

Le taux de pauvreté serait sous-estimé au pays, selon un rapport de Banques alimentaires Canada publié mardi.

Banques alimentaires Canada estime que «le taux de pauvreté officiel du Canada ne donne pas une image complète de la faim et de l’insécurité alimentaire» au pays. 

Dans son rapport, l’organisation avance que 25% des Canadiens auraient un niveau de vie inférieur au seuil de la pauvreté, selon son indice, plutôt que 10% comme il est généralement avancé.

Au Québec, la proportion serait de 23,4%, dans les provinces de l’Atlantique, de 27,1%, et en Ontario, de 27,6%.

L’indice que l’organisation a utilisé pour parvenir à cette conclusion est appelé «Indice de privation matérielle» (IPM). Il permet de calculer la proportion de Canadiens qui vivent dans la pauvreté faute d’avoir les moyens de s’acheter deux produits essentiels ou plus.

Pour les fins de son enquête, l’organisation a aussi interrogé des ménages pour voir s’ils étaient habilités à combler différents besoins, comme pouvoir se déplacer dans sa communauté au besoin, avoir au moins une paire de chaussures bien ajustées et une paire de bottes d’hiver, pouvoir maintenir son logement à une température convenable durant toute l’année, etc. 

La Mesure du panier de consommation — l’indice habituellement utilisé — additionne plutôt les coûts d’un panier de biens et services représentant un niveau de vie de base modeste.

L’adoption d’un Indice de privation matérielle (IPM) au Canada, commun dans certains pays d’Europe, «pourrait améliorer notre compréhension de l’ampleur et de la nature de la pauvreté et permettre d’expliquer les écarts que nous constatons entre la demande réelle des banques alimentaires et le taux de pauvreté officiel actuel», a commenté Kirstin Beardsley, chef de la direction de Banques alimentaires Canada.

L’organisation demande donc au gouvernement canadien «d’intégrer un IPM à sa stratégie officielle de réduction de la pauvreté dans le cadre du corpus d’indicateurs afin d’évaluer les niveaux de pauvreté au Canada».

 

Et au Québec? 

Au Québec, on note que plusieurs indicateurs existent et que la réalité semble plus près des 25% que des 10%, a souligné en entrevue Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté. 

«Je ne suis pas surpris par les chiffres, parce que ça ressemble beaucoup à ce qu’on voit quand on regarde d’autres types d’indicateurs de faible revenu, a noté M. Petitclerc. On se rapproche plus des taux de pauvreté qui ressemblerait à du 18, 19, 20, 21, 22 ou 23%.»

«La personne qui satisfait ses besoins de base, ça ne veut pas dire qu’elle n’est plus en situation de pauvreté. Ça veut dire qu’elle a le minimum pour vivre», a-t-il expliqué.

On dit souvent que le Québec se tire mieux d’affaire, à cause de son filet social plus développé.

«On parle beaucoup effectivement du filet social, des services publics. Mais il n’en demeure pas moins que l’argent que tu as dans tes poches, ça fait toute la différence», a conclu M. Petitclerc.

Banques alimentaires Canada souligne que 1 935 111 visites ont été enregistrées dans des banques alimentaires au pays en mars 2023. Il s’agit d’une hausse de 32% par rapport à mars 2022.

Selon cet Indice de privation matérielle, 44,5% des familles monoparentales et 42 % des locataires auraient un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté — ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas se permettre deux ou plusieurs articles ménagers essentiels, précise l’organisation.

Le rapport de Banques alimentaires Canada a été produit en collaboration avec le Centre Maple Leaf pour la sécurité alimentaire et Maytree.