Entrevue n°244: Michael Green, directeur, Social Progress Imperative


Édition du 18 Avril 2015

Entrevue n°244: Michael Green, directeur, Social Progress Imperative


Édition du 18 Avril 2015

Par Diane Bérard

«Au-delà d'un certain niveau, la hausse du PIB contribue de moins en moins au progrès social» - Michael Green, directeur, Social Progress Imperative.

Croissance économique et progrès social ne vont pas toujours de pair. Certains pays offrent à leurs citoyens une société plus sécuritaire, plus égalitaire et plus salubre que des pays plus riches. Le Social Progress Imperative vient de publier la version 2014 du Social Progress Index (SPI). Michael Green, le pdg, explique en quoi cet indice est utile pour les gouvernements et les entreprises.

Diane Bérard - Le 10 avril dernier, votre organisation a dévoilé la seconde édition de l'indice de progrès social (SPI, Social Progress Index). De quoi s'agit-il ?

Michael Green - Le SPI mesure le niveau de développement humain et sociétal d'un État ou d'une région en fonction de 52 indicateurs. Ceux-ci sont répartis en trois groupes. D'abord, les besoins humains fondamentaux, soit la nutrition, l'accès à l'eau, le logement et la sécurité. Puis, les éléments requis pour atteindre un certain niveau de bien-être, soit l'accès à l'éducation, l'accès à l'information et aux communications, la santé et la salubrité de l'environnement. Enfin, le potentiel d'améliorer son sort, soit les droits politiques, la liberté, la tolérance, l'inclusion et l'accès à l'éducation supérieure.

D.B. - En quoi le SPI diffère-t-il des autres indices de développement ?

M.G. - Il ne repose sur aucun facteur économique. Même l'indice de bonheur national brut (GNH) est calculé selon une combinaison de facteurs économiques et sociaux. En créant le SPI, nous avons voulu isoler les indicateurs sociaux pour comparer la croissance économique et le développement social. On conclut généralement qu'à chaque augmentation du PIB, le sort des citoyens s'améliore. Ce n'est pas toujours le cas.

D.B. - Le coefficient de GINI mesure déjà l'inégalité des revenus dans un pays. Qu'est-ce que le SPI apporte de plus ?

M.G. - Le coefficient de GINI varie de 0 à 1. La note 0 signifie l'égalité parfaite des revenus, et 1, l'inégalité totale. C'est une mesure utile pour comprendre la répartition et la captation de la richesse dans un pays. Mais cela ne nous dit pas si l'air est vicié, si les filles sont forcées de se marier en bas âge ou si le taux d'homicide est élevé.

D.B. - Qui est à l'origine du SPI ?

M.G. - Le Social Progress Imperative, une organisation non gouvernementale [ONG] américaine.

D.B. - Pourquoi le milieu des affaires s'intéressait-il à un indice de développement qui ne contient aucun indicateur économique ?

M.G. - Notre président du conseil est Michael Porter, le célèbre professeur de Harvard et gourou de la compétitivité. Notre ONG est pro-entreprises, pro-affaires, pro-croissance et pro-capitalisme. M. Porter s'est joint à notre conseil parce qu'il est convaincu que le progrès social est bon pour les affaires. Un État dont l'indice de progrès social est plus élevé connaît une croissance plus robuste à long terme.

D.B. - Comment mesurez-vous les 52 indicateurs ?

M.G. - Nous avons mis deux ans pour produire une version bêta du SPI. Nous utilisons des données existantes, comme le sondage mondial Gallup, qui mesure certains indicateurs sociaux. Nous interviewons des experts, dont des spécialistes en droits de la personne. Pour chaque indicateur, nous avons choisi de donner préséance à l'expérience réelle des citoyens plutôt qu'à la loi. La sécurité, la liberté et l'égalité peuvent être prônées officiellement par un gouvernement, mais peu appliquées.

D.B. - Doit-on comparer les pays pauvres entre eux et les pays riches entre eux ?

M.G. - Surtout pas ! Un humain est un humain. Et objectivement, il est plus agréable de vivre en Norvège qu'en Afrique. Les indicateurs de développement social s'appliquent à tous. C'est ce qu'il faut retenir et mettre en avant.

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