23. Calendrier de l'avent des affaires: l'inflation

Publié le 23/12/2021 à 07:30

23. Calendrier de l'avent des affaires: l'inflation

Publié le 23/12/2021 à 07:30

Par Olivier Schmouker

(Illustration: Les Affaires et 123RF)

CALENDRIER DE L'AVENT DES AFFAIRES. Jusqu’à Noël, découvrez chaque jour de la semaine un terme économique ou financier qui a marqué l’actualité de l’année, et sa définition «délicieusement diabolique» concoctée par Olivier Schmouker.

23. Inflation, n.f.

(Photo: Michael Walter pour Unsplash)

Panacée pour les gouvernements incompétents, l’inflation procure une prospérité temporaire qui bénéficie aux entreprises comme aux individus. En théorie, le mécanisme est simple: les producteurs de biens de base augmentent leurs prix a priori sans raison particulière; les entreprises qui transforment ces biens augmentent leurs prix en conséquence; les entreprises répercutent leurs gains soudains sur les salaires de leurs employés; les employés gagnent davantage, et dépensent donc davantage; ce qui permet aux producteurs de biens de base d’accroître leurs ventes, voire leurs prix encore; etc. L’inflation est à première vue un cercle vertueux.

Mais l’inflation recèle un grain de sable qui grippe toujours le mécanisme, soit la «mystérieuse» raison qui pousse les producteurs de biens de base à augmenter leurs prix. En fait, il s’agit d’un subtil coup de pouce donné par le gouvernement incompétent, qui craint pour son existence (manque de popularité, élections approchantes, etc.). Un ministre fait savoir aux producteurs d’un secteur donné qu’il envisage de leur serrer la vis sur le plan financier, et que le meilleur moyen pour eux d’y faire face est de trouver des fonds sans tarder, avant même que la mesure n’entre en vigueur; il sait fort bien que leur réflexe va être d’augmenter leurs prix, c’est-à-dire de refiler la facture à d’autres.

Résultat? La facture est refilée de l’un à l’autre jusqu’au tout dernier membre de la chaîne, à savoir les consommateurs. Pis, tous les consommateurs ne sont pas à égalité face à l’inflation: les moins nantis sont toujours ceux pour qui la facture finale est la plus salée.

Voilà pourquoi l’inflation est, en vérité, un impôt pour les pauvres et une prime pour les riches. Elle est «l’oxygène mal réparti du système capitaliste», comme le disait l’ex-président français François Mitterrand: elle dérègle l’ensemble du système, en gonflant un poumon au détriment de l’autre. Oui, elle fait s’époumoner toute la société, hormis une poignée d’opportunistes.

Cela étant, les moins nantis ne perdent pas tout à cause de l’inflation: cette dernière leur fait sauver du temps à l’épicerie, vu qu’ils ont moins d’argent à dépenser.

 

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