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Une usine pilote pour recycler les résidus de la bauxite

François Normand|Mis à jour le 16 avril 2024

Une usine pilote pour recycler les résidus de la bauxite

Une PME québécoise spécialisée dans les technologies propres pour extraire, raffiner et recycler des terres rares et d'autres matériaux critiques, construira une usine pilote afin de recycler des résidus de bauxite. (Photo: 123RF)

De concert avec Rio Tinto, Ressources Géoméga (GMA.V, 0,30 $), une PME québécoise spécialisée dans les technologies propres pour extraire, raffiner et recycler des terres rares et d’autres matériaux critiques, construira une usine pilote afin de recycler des résidus de la bauxite, le principal minerai servant à produire de l’aluminium.

L’usine pilote sera construite au coût de 4 millions de dollars (M$) à Boucherville, sur la Rive-Sud de Montréal, et elle pourrait être opérationnelle d’ici 24 mois. La gestion des résidus de la bauxite — le sous-produit de déchets le plus important généré pour produire de l’alumine — représente un défi environnemental pour les alumineries.

C’est la raison pour laquelle Rio Tinto investit 1,2 M$ dans ce projet, alors que Géoméga injecte 550 000 $.

Géoméga réalisera aussi une étude de faisabilité utilisant la technologie d’Innord (sa filiale en propriété exclusive), qui a été conçue pour une «valorisation durable et complète des résidus de bauxite».

La technologie d’Innord s’appuie en fait sur les procédés initialement développés par Géoméga afin de recycler des aimants de terres rares (REE).

Concrètement, l’étude de faisabilité servira à évaluer la performance environnementale de la technologie, ce qui permettra de déterminer par la suite les possibilités de commercialiser des produits issus du recyclage des résidus de la bauxite.

 

Potentiel de commercialisation de produits dérivés

«Si le projet est un succès, la technologie sera la première du genre à valoriser les résidus de bauxite», explique dans un courriel à Les Affaires Kiril Mugerman, président et chef de la direction de Géoméga et Innord.

À ses yeux, ceci est important pour le Québec, un important producteur d’aluminium qui tente d’être un chef de file en matière de développement durable et qui pourrait un jour offrir non seulement de l’aluminium décarboné, mais aussi de l’aluminium sans résidus de la bauxite.

«Une telle technologie pourrait créer une nouvelle source durable de matières critiques et stratégiques, et créer de nombreux nouveaux emplois au Québec», insiste Kiril Mugerman.

Technologies de développement durable du Canada (TDDC), une organisation fédérale, et le ministère de l’Économie et de l’Innovation (par l’intermédiaire d’Investissement Québec) investissent aussi respectivement 1,5 M$ et 300 000 $ dans ce projet.

Selon Géoméga, les 450 000 $ restants «doivent être financés par une organisation tierce pour les étapes ultérieures du projet et seront annoncés en conséquence».