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Québec publiera «ce printemps» sa stratégie sur l’hydrogène vert

François Normand|Mis à jour le 16 avril 2024

Québec publiera «ce printemps» sa stratégie sur l’hydrogène vert

«C’est certainement dans quelques mois; c’est ce printemps (…) Et ça ne sera pas à la fin du printemps», a déclaré à Les Affaires le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Jonathan Julien. (Photo: Pierre Dufour)

Le gouvernement du Québec publiera «ce printemps» sa future stratégie sur l’hydrogène vert et les biocarburants, affirme le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonathan Julien.

«C’est certainement dans quelques mois ; c’est ce printemps (…) Et ça ne sera pas à la fin du printemps», a-t-il déclaré lors d’un entretien téléphonique en marge de la conférence Avenir énergie, organisée ce mardi par les Événements Les Affaires.

L’hydrogène vert est produit principalement par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable. Les biocarburants sont quant à eux faits avec de la biomasse (matière première d’origine végétale, animale ou issue de déchets), et ils sont souvent incorporés dans les carburants fossiles comme l’essence

Les entreprises québécoises, canadiennes et étrangères attendent avec intérêt la publication de la stratégie québécoise alors que des gouvernements ailleurs dans le monde appuient massivement le développement d’une filière de l’hydrogène vert et des biocarburants sur leur territoire.

Par exemple, en septembre 2020, la France a annoncé un investissement de 7,2 milliards d’euros (10,4 G$CA) d’ici 2030 pour développer sa filière hydrogène. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont aussi annoncé des investissements importants pour appuyer leur industrie.

 

En septembre 2020, la France a annoncé un investissement de 7,2 milliards d’euros (10,4 G$CA) d’ici 2030 pour développer sa filière hydrogène. (Photo: 123RF)

Sans donner de chiffres ni commenter les stratégies déployées ailleurs, Jonathan Julien a indiqué en entrevue que son gouvernement allait assurément dédier des fonds spéciaux importants pour l’hydrogène vert.

«Momentanément, il devra y avoir des sommes qui seront prévues en CAPEX (l’acronyme anglais de dépenses en capital), à la fois pour supporter l’offre et pour supporter la demande en hydrogène vert.» 

Bref, même si les entreprises consommatrices d’hydrogène vert devront «mettre la main dans leurs poches» pour adopter ce carburant renouvelable, le gouvernement sera là pour les aider financièrement dans cette transition énergétique, a insisté le ministre.

 

Combler les écarts de prix importants

Jonathan Julien n’exclut pas non plus d’appuyer au besoin des dépenses d’opérations (OPEX) de certains joueurs au Québec, et ce, pour les aider à absorber «momentanément un écart de prix» important entre l’hydrogène vert et d’autres carburants fossiles, qui sont beaucoup moins dispendieux.

Comme l’avaient indiqué en novembre à Les Affaires des spécialistes en énergie, l’inefficacité énergétique de plusieurs entreprises québécoises pourrait limiter l’adoption de l’hydrogène vert en raison d’un choc tarifaire appréhendé.

Questionné sur cette problématique, le ministre a indiqué que son gouvernement allait aussi continuer d’appuyer l’efficacité énergétique dans l’industrie afin de limiter ce risque.

Enfin, Jonathan Julien a souligné que son gouvernement souhaite développer la filière de l’hydrogène vert à «un bon rythme».

À ses yeux, le Québec doit se positionner maintenant afin de répondre à ses besoins futurs et à ceux d’autres juridictions, alors que des experts estiment que l’hydrogène (incluant l’hydrogène vert) pourrait représenter de 20 à 25% du mix énergétique mondial vers 2040-2050.

«Si on veut que le Québec soit un joueur important dans l’hydrogène vert en 2030, 2035 ou 2040, on ne peut pas attendre que le modèle soit à maturité. Il faut embarquer aujourd’hui dans le train», dit-il.