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Lithium: le plan de match à long terme de Sayona Québec

François Normand|Mis à jour le 16 avril 2024

Lithium: le plan de match à long terme de Sayona Québec

En mai 2021, Sayona Québec s’est entendue avec Investissement Québec afin de reprendre la mine de Lithium Amérique du Nord (LAN), en Abitibi-Témiscamingue, au coût de 100 millions de dollars. (Photo: Lithium Amérique du Nord)

Sayona Québec, une filière de l’australienne Sayona Mining (SAY; 0,11 $AU), évalue actuellement différentes options de production et de sites potentiels afin de faire de la deuxième transformation de lithium au Québec.

«On analyse tout cela», affirme au bout du fil Guy Laliberté, chef de la direction de Sayona Québec, dans laquelle l’américaine Piedmont Lithium a aussi une participation de 25% (le reste est détenu par Sayona Mining).

Le lithium est un minerai stratégique dans la transition énergétique mondiale, car il est notamment utilisé pour fabriquer des batteries lithium-ion destinées aux véhicules électriques.

En mai 2021, Sayona Québec s’est entendue avec Investissement Québec – le bras financier du gouvernement québécois – afin de reprendre la mine de Lithium Amérique du Nord (LAN), à La Corne, en Abitibi-Témiscamingue, au coût de 100 millions de dollars (M$).

Depuis mai 2019, LAN était sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. Elle était contrôlée par le manufacturier chinois de batteries CATL et IQ, les deux actionnaires ayant des créances garanties.

Outre le Complexe minier Lithium Amérique du Nord, Sayona Québec a déjà deux autres projets en Abitibi-Témiscamingue, soit le projet Authier Lithium et le projet Tansim.

 

Acquisition de 60% du projet Moblan

En septembre, Sayona Québec a aussi fait l’acquisition de 60% du projet Moblan (un gisement de lithium), situé au nord-ouest de Chibougamau – le reste est détenu par la SOQUEM, une société d’État spécialisée dans l’exploration minière.

Depuis l’acquisition de LAN, Sayona Québec a investi de 50 à 70 M$ afin de doter les installations de La Corne de nouveaux équipements et afin d’améliorer le processus de transformation du minerai.

Selon Guy Laliberté, le lithium extrait à la mine de La Corne présente des accumulations de fer, ce qui a empêché LAN de vendre un spodumène de qualité sur le marché.

«Notre équipe savait à quoi s’attendre comme problème technique», insiste-t-il.

Malgré tout, Sayona Québec dit être en mesure de redémarrer la mine de La Corne durant le premier trimestre de 2023.

Afin d’y améliorer la qualité de cette production de spodumène (première transformation), la minière compte éventuellement mélanger le minerai de La Corne à celui qui sera éventuellement produit au projet Authier.

À terme, le projet Authier aura une production annuelle de 115 000 tonnes de concentré de spodumène contenant du lithium (6% Li20).

 

Deuxième transformation de lithium en 2025

Par ailleurs, Sayona Québec maintient son engagement de faire de la deuxième transformation de lithium au Québec à compter de 2025, mais l’entreprise n’a pas encore décidé si ce sera des carbonates de lithium ou des hydroxydes de lithium.

«On pourrait faire les deux», fait remarquer Guy Laliberté.

Les prix de ces deux dérivés du lithium ont explosé depuis un an, selon les indices établis par Benchmark Mineral Intelligence, une référence dans l’industrie.

 

Depuis un an, les indices du lithium ont ont été multipliés dans une fourchette oscillant de 300% à 400%, selon Benchmark Mineral Intelligence. (Photo: 123RF)

Cela dit, Sayona Québec va tâter le pouls du marché afin d’évaluer quel produit de deuxième transformation sera le plus demandé dans les prochaines années. À ce jour, la tendance semble pointer vers l’hydroxyde de lithium, confie Guy Laliberté.

Mais aucune décision n’a été prise, assure le chef de l’exploitation de la minière.

En revanche, cette décision à venir aura un impact sur la localisation de la future usine qui fera de la deuxième transformation.

Si Sayona Québec mise sur les carbonates de lithium, la production sera située à la mine de La Corne, car la moitié des équipements nécessaires à cette deuxième transformation y sont déjà construits.

 

Val-d’Or ou Bécancour?

Toutefois, si Sayona Québec mise sur hydroxydes de lithium, plusieurs options de sites s’offrent à la société, explique Guy Laliberté.

Par exemple, la minière pourrait construire une usine à Val-d’Or, non loin de La Corne.

La ville de Bécancour, située sur la rive sud du Saint-Laurent à la hauteur de Trois-Rivières, pourrait aussi être une autre option, affirme-t-il.

Le parc industriel et portuaire de Bécancour est pressenti pour devenir une plaque tournante de la filière des batteries, où des acteurs de l’industrie y sont déjà implantés.

C’est le cas de Nemaska Lithium, qui a choisi Bécancour pour installer une usine qui produira des hydroxydes de lithium en 2024-2025.

En novembre 2021, Nouveau Monde Graphite a complété la phase 1 pour la construction d’installations à Bécancour, qui produisent déjà des lots de graphite purifié sphérique pour les batteries de véhicules électriques.