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Feux de forêts: des pertes économiques pour des minières

François Normand|06 juin 2023

Feux de forêts: des pertes économiques pour des minières

Le village de Clova, en Mauricie, ne pourra vraisemblablement pas être sauvé des flammes, a laissé tomber M. Legault lors d’un breffage technique avec les autorités de la sécurité publique et de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU). (Photo: La Presse canadienne)

Même s’il est trop tôt pour dresser un bilan exhaustif, les feux de forêts qui font rage dans plusieurs régions entraînent des pertes économiques pour certaines minières en raison de la suspension de leurs activités, affirme l’Association minière du Québec (AMQ).

«Pour l’instant, il est impossible de chiffrer l’impact économique des feux de forêt sur l’ensemble de l’industrie minière», précise toutefois au bout du fil Josée Méthot, PDG de l’AMQ.

En revanche, l’organisme fait valoir que des arrêts de production entraînent nécessairement des pertes économiques, notamment en raison de la fermeture des chemins forestiers dans plusieurs régions du Québec.

Josée Méthot souligne que l’AMQ aura un portrait complet de la situation lorsque la crise se sera estompée.

«Les entreprises sont actuellement en gestion de crise ; elles n’ont pas le temps de nous communiquer cette information», dit-elle.

Même si les conditions météorologiques sont un peu plus favorables dans certaines régions, la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) peine toujours à combattre tous les incendies au Québec.

À ce jour, 220 000 hectares ont brûlé au Québec, ce qui représente près de 5 fois la superficie de Montréal, rapporte Radio-Canada.

 

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Le premier ministre François Legault à Sept-Îles

Ce mardi, le premier ministre François Legault s’est d’ailleurs rendu à Sept-Îles, sur la Côte-Nord. Il a rencontré des élus municipaux et l’équipe des mesures d’urgence afin de s’enquérir de la situation sur les feux de forêt.

Depuis plusieurs jours, les incendies affectent des entreprises minières aux quatre coins du Québec. Certaines ont repris leurs activités, mais d’autres sont encore à l’arrêt, comme la mine d’or Casa Berardi de la société Hecla Québec, en Abitibi-Témiscamingue.

«Notre mine est complètement fermée depuis le dernier quart de nuit vendredi soir», dit Christophe McLean, vice-président et chef de la direction financière.

Il explique que cet arrêt de production de plusieurs jours a un impact économique sur l’entreprise. «Ce n’est pas rien», dit-il, même s’il n’est pas encore en mesure de le chiffrer pour le moment.

Christophe McLean ne sait pas quand la production à la mine pourra reprendre. La relance de la mine est liée à la réouverture des chemins forestiers qui donnent accès au site minier, explique-t-il.

 

Agnico Eagle reprend ses activités

Pour sa part, la société aurifère Agnico Eagle a repris normalement ses activités sur ses quatre sites miniers en Abitibi-Témiscamingue, même si certaines d’entre elles sont encore susceptibles d’être perturbées à nouveau par les incendies.

Aucun site n’a été fermé entièrement ces derniers jours, précise la superviseure générale aux communications Laurie Théberge.

«Depuis le 2 juin, nous avons dû, à certains moments, réduire nos opérations ou annuler des quarts de travail, sur certains de nos sites au Québec (Mine Goldex, Complexe minier LaRonde, Mine Canadian Malartic, Mine Odyssey). Toutefois, nous opérons actuellement normalement sur l’ensemble de nos sites», indique-t-elle.

Agnico Eagles et d’autres minières ont suspendu leurs activités en raison de la mauvaise qualité de l’air. Les feux de forêt libèrent des particules. Aussi, dans ce contexte, les mines ne pouvaient plus propulser de l’air extérieur sous terre afin d’aérer les tunnels.

Malgré tout, Agnico Eagle estime que les incendies en Abitibi-Témiscamingue n’ont pas eu «un impact économique matériel» sur ses activités.

«À l’heure actuelle, puisque nous avons suspendu uniquement quelques quarts de travail de façon préventive, nous ne pouvons considérer aucun impact économique matériel pour notre entreprise», explique Laurie Théberge.


Des activités d’exploration suspendues

Du côté de l’exploration minière, Exploration Brunswick a annoncé ce mardi qu’elle suspendait temporairement ses activités d’exploration dans ses trois camps dans la région d’Eeyou Istchee Baie-James.

«Pour l’instant, la Société concentrera ses efforts dans d’autres secteurs de son portefeuille qui ne sont pas actuellement touchés par les incendies de forêt», indique l’entreprise dans un communiqué.

Exploration Brunswick dit avoir pris cette décision à la suite des nouvelles annonces et des restrictions de travail faites par le gouvernement du Québec, et ce, afin d’aider à lutter contre les feux de forêt.

Au moment de mettre cet article en ligne, la direction n’avait pas répondu à notre courriel afin d’évaluer l’impact économique de cette pause temporaire.