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Deux vents de face pour les producteurs d’or

François Normand|Mis à jour le 15 avril 2024

Les capitaux-risqueurs ont délaissé le secteur des métaux précieux tant au Canada qu’aux États-Unis. Voici pourquoi.

Le secteur aurifère fait face à deux vents de face qui minent son développement: la fuite des capitaux vers le cannabis et les technologies ainsi que la lourdeur réglementaire qui rallonge les projets au Canada.

C’est ce qu’a déclaré ce lundi le président du conseil d’administration et chef de la direction de Redevances Aurifères Osisko (Or, 13,04$), Sean Roosen, en marge d’un discours qu’il a prononcé devant le Cercle canadien de Montréal.

Ces dernières années, les capitaux-risqueurs ont délaissé le secteur des métaux précieux tant au Canada qu’aux États-Unis, explique le dirigeant d’Osisko, comme on peut le constater sur ce graphique tiré de sa présentation.

Au Canada, le principal concurrent du secteur aurifère est la marijuana, dont la production et la vente ont été légalisées par Ottawa en octobre.

Cette pénurie de capitaux s’est surtout faite sentir auprès des sociétés d’exploration et développement, selon Sean Roosen. «Il y a un gros montant qui a été tiré par le secteur du pot.»

Le secteur aurifère a aussi pâti de l’engouement pour le bitcoin en 2017. Mais aujourd’hui, cette pression s’est relâchée, car la valeur des cryptomonnaies a fondu en 2018, souligne-t-il.

Les sociétés pâtissent aussi de l’engouement des capitaux-risqueurs pour les technologies. Selon le dirigeant d’Osisko, d’importantes sommes d’argent ont été investies pour aider des entreprises comme Amazon à améliorer leur plateforme électronique.

Lourdeur du processus administratif

Par ailleurs, l’alourdissement du processus d’approbation des projets miniers au Canada complique aussi la vie des producteurs d’or, affirme Sean Roosen.

Selon lui, cette situation crée de «l’incertitude» et rallonge la période pendant laquelle les actionnaires doivent soutenir un projet. «Il n’y a pas de réglementation claire, dit-il. Tu ne peux même pas savoir combien de temps ça va te prendre.»

Résultat: plusieurs investisseurs n’ont pas la patience d’investir à très long terme dans des projets miniers, car ils doivent réaliser des rendements à plus brèves échéances.

Il donne l’exemple de la mine Canadian Malartic, en Abitibi-Témiscamingue. Il a fallu six ans pour mettre en valeur cette mine d’or.

Aujourd’hui, étant donné la longueur du processus d’approbation, il faudrait «probablement le double du temps pour mener le projet à terme», affirme Sean Roosen.