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Boralex se lance dans le partage de terrains pour le solaire

François Normand|Mis à jour le 16 avril 2024

Boralex se lance dans le partage de terrains pour le solaire

Sun’Agri a développé une technologie (un algorithme, qui s’appuie sur l’intelligence artificielle) qui permet de changer la disposition des panneaux solaires dans un champ. (Photo: Sun'Agri)

Confronté à une rareté de terrains en Europe et en Amérique du Nord, le producteur d’énergie renouvelable Boralex (BLX, 39,43$) se tourne désormais vers le partage de sites afin d’y installer ses équipements de production d’énergie solaire.

Ce lundi, la multinationale québécoise a annoncé un partenariat avec la société française Sun’Agri, qui se présente comme un leader mondial de l’agrivoltaïsme, une filière émergente qui consiste à coupler cultures agricoles et panneaux solaires.

En entrevue à Les Affaires, la directrice des affaires publiques et des communications chez Boralex, Isabelle Fontaine, affirme que le partage permet d’atténuer la rareté de terrains disponibles pour installer des projets d’énergie solaire, alors que la demande est de plus en plus grande.

«Cette stratégie favorise l’accès aux sites et nous procure davatage d’opportunités de développement», dit-elle au bout du fil.

Sun’Agri a développé une technologie (un algorithme, qui s’appuie sur l’intelligence artificielle) qui permet de changer la disposition des panneaux solaires dans un champ.

Cette technique permet de gérer les besoins d’ensoleillement ou d’ombrage d’une culture, et d’augmenter tout à la fois la qualité et la productivité des récoltes.

La possibilité de contrôler ces besoins est vitale dans un contexte de changements climatiques, incluant des périodes accrues de sécheresses.

 

Les changements climatiques ont un impact sur les rendements agricoles. (Photo: courtoisie)

Dans une note publiée ce lundi, les analystes de la Banque Nationale ont salué le partenariat conclu par Boralex avec Sun’Agri.

«Bien que les détails du partenariat n’aient pas été divulgués, nous pensons que cela est conforme au plan stratégique de Boralex de se diversifier dans l’énergie solaire et de se développer sur les marchés en croissance», écrivent-ils.

 

Boralex vise l’Europe, mais zieute les États-Unis

Le partenariat entre Boralex et Sun’Agri est d’une durée de 10 ans. Durant cette période, la société québécoise travaillera exclusivement avec Sun’Agri pour développer des projets agrivoltaïques dans l’Union européenne.

En 2018, l’entreprise française a inauguré le site Tresserre (66), un démonstrateur agrivoltaïque sur une superficie de 4,5 hectares, dans le sud du pays.

Sun’Agri dispose également de trois installations expérimentales en exploitation, en plus d’avoir 37 projets agrivoltaïques utilisant sa technologie.

Ces derniers seront déployés dans la foulée des derniers appels d’offres lancés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) sur la réalisation et l’exploitation d’installations de production d’électricité innovantes à partir de l’énergie solaire.

Actuellement, Boralex compte plus de 1 gigawatt (GW) d’éolien et de solaire en exploitation sur le territoire français, ainsi que 2 455 mégawatts ailleurs au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis.

Comme les sites disponibles se font aussi de plus en plus rares aux États-Unis, Boralex aimerait aussi éventuellement conclure ce type de partenariat de partage de terrains, mais avec d’autres acteurs et des technologies différentes, précise Isabelle Fontaine.

«Ça pourrait être également pour l’agrivoltaïsme, mais aussi pour la réhabilitation de terrains», dit-elle.

Aux États-Unis, Boralex exploite des parcs d’énergie solaire en Californie, en Alabama et en Indiana. La société a également cinq parcs en développement dans l’État de New York.