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La SAQ augmente ses prix avec une hausse de la majoration

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

La SAQ augmente ses prix avec une hausse de la majoration

(Photo: La Presse Canadienne/Graham Hughes)

La Société des alcools du Québec (SAQ) va hausser ses prix en mai, avec une augmentation de sa majoration. Les vins à 15 $ ou moins sont exclus de l’ajustement. 

L’«ajustement modéré» entraînera des hausses de prix pour les vins de plus de 15 dollars ($) et les spiritueux. «C’est quasiment certain (que les prix augmenteront)», reconnaît le président et chef de la direction de la société d’État, Jacques Farcy, en conférence de presse, lundi, à Montréal.

La majoration s’appliquera différemment, selon les différents alcools et le prix de bouteilles. Pour une bouteille de vin de 25 $, cela pourrait se traduire par une augmentation de 15 cents.

À plus d’une reprise, M. Farcy a souligné que les hausses seraient plus importantes pour les produits plus coûteux. «Il y a en revanche une décision claire de la part de la SAQ qui est de s’assurer qu’on protège les vins les moins chers, de manière à s’assurer que, malgré la situation économique, les clients qui souhaitent avoir accès à des produits plus abordables en termes de prix n’aient pas à assumer une hausse de majoration.»

La majoration représente la marge brute que la société d’État prend après avoir payé la bouteille aux fournisseurs. «C’est la marge que la SAQ veut prendre une fois que le produit a été acheté; cette marge−là, c’est la majoration», explique M. Farcy.

La majoration représente environ la moitié des revenus totaux de la SAQ, a précisé la chef de la direction financière, Édith Filion. Au total, l’ajustement de la SAQ lui permettra de dégager 10 millions de dollars de plus par rapport à un bénéfice net qui atteignait 1,4 milliard de dollars au cours de l’exercice 2022−2023. 

L’ajustement était nécessaire avec l’augmentation des coûts d’exploitation de la SAQ, a défendu M. Farcy. «Cet ajustement, on l’a voulu pour faire face aux éléments de notre contexte, l’augmentation des coûts de la SAQ», explique-t-il.

Il faudra attendre avant de connaître les véritables augmentations de prix que devront payer les clients de la SAQ. La société d’État négocie présentement avec ses fournisseurs les augmentations de prix qui seront adoptées en mai prochain.

M. Farcy a mentionné que le contexte était «assez variable» pour les fournisseurs avec qui la SAQ négocie. «Il y a des zones dans lesquelles il y a de la surproduction. Donc, il se pourrait que ça mette une pression sur les coûts, une pression favorable pour le consommateur, une pression à la baisse. Il y a des zones à l’inverse où il y a eu des événements climatiques qui font que les prix coûtants risquent d’être en augmentation.»

 

Un peu plus de temps pour les distilleries 

M. Farcy a également précisé que la SAQ donnerait «un peu plus de temps» aux distillateurs qui vendent leurs produits sur leur propriété avant d’adopter l’ajustement. «On a décidé de retarder cette application parce qu’on veut s’assurer qu’on soit capable de gérer les choses par étapes. Oui, elle va avoir lieu, mais ultérieurement, à une date qui reste à déterminer.»

L’industrie a fait de nombreuses sorties publiques dans les derniers mois pour demander des allègements de la majoration qui représente près de la moitié du prix de la bouteille.

En mars 2022, près des deux tiers des distilleries étaient déficitaires, selon un mémoire de l’Union québécoise des microdistilleries (UQMD) présenté au ministre des Finances l’an dernier. On affirmait que l’industrie était «au bord du gouffre».

L’UQMD n’a pas souhaité commenter la décision de la SAQ.

 

Réaménagement du calendrier des négociations 

La SAQ va aussi offrir plus de flexibilité aux fournisseurs sur le moment où ils peuvent demander une augmentation de prix. Ils ne pourront pas faire la demande plus de deux fois par année.

La première demande devra avoir lieu en mai. Les fournisseurs pourront faire une deuxième demande en août, novembre ou février, selon le moment qu’ils jugent le plus propice.

«Pour les consommateurs, ce n’est pas un énorme changement, mais pour notre industrie, c’est une évolution qui va dans le bon sens parce que ça leur permet à eux (aux producteurs) de mieux gérer leur réalité économique», explique M. Farcy.

La décision a été bien accueillie par A3, une association qui représente 85 agences de vins, bières et spiritueux. «L’agilité gagnée par cette décision permettra aux agences de répondre encore mieux à leur mission», commente sa directrice générale, Catherine Lessard.

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne