Entrevue n°261 : John Mackey, cofondateur et co-pdg, Whole Foods


Édition du 03 Octobre 2015

Entrevue n°261 : John Mackey, cofondateur et co-pdg, Whole Foods


Édition du 03 Octobre 2015

Par Diane Bérard

John Mackey, cofondateur et co-pdg, Whole Foods. [Photo : Bloomberg]

L'Américain John Mackey a cofondé la chaîne d'épiceries de produits bios Whole Foods en 1980. Elle compte aujourd'hui 430 succursales ; 110 autres sont projetées. L'entrepreneur de 62 ans est végétalien et pratique le capitalisme conscient. Un capitalisme en quête de profit - Whole Foods est connue pour ses prix élevés - mais aussi de sens. M. Mackey a donné une conférence à l'invitation du Conseil de la transformation alimentaire du Québec, le 17 septembre.

Diane Bérard - Le marché des produits bios semble de plus en plus congestionné...

John Mackey - Depuis que nous avons ouvert notre première succursale, à Austin, au Texas, en 1980, les aliments bios sont passés d'articles marginaux à produits de consommation courante. Il a fallu convertir nos premiers clients un à un. Les convaincre de quitter leur supermarché traditionnel pour essayer notre formule. Leurs enfants, qui ont grandi avec Whole Foods, viennent chez nous naturellement. L'augmentation de la demande a stimulé l'offre et multiplié la concurrence. [Le 28 septembre, Whole Foods annonçait qu'elle licenciera 1,6 % de son personnel au cours des deux prochains mois.]

D.B. - Pourtant, vous estimez l'offre insuffisante. Expliquez-nous.

J.M. - En effet, elle est insuffisante. Surtout aux États-Unis. Savez-vous que la plupart des aliments bios que nous proposons dans nos succursales sont importés ? Nous les achetons en Amérique du Sud, en Asie et même en Afrique. Pourquoi ? Il n'est pas rentable pour un agriculteur américain de se convertir à la culture bio. Selon la réglementation, il faut cultiver bio pendant trois ans avant de pouvoir vendre ses produits sous cette étiquette. En Europe, cette période se limite à un an.

D.B. - Quel poids la culture bio a-t-elle dans l'ensemble du secteur agricole ?

J.M. - À peine 1 % des terres agricoles mondiales sont consacrées à la culture bio.

D.B. - Les labels bios, c'est bien. Mais il reste bien des enjeux à traiter en agriculture : l'utilisation de l'eau, le sort des travailleurs migrants, etc.

J.M. - C'est vrai, de nombreuses pratiques responsables sont encore à implanter. Nous avons planché là-dessus au cours des dernières années. Il y a un an, nous avons implanté un programme d'audit en agriculture responsable. Nous demandons à nos fournisseurs de dévoiler leur consommation d'eau, leur utilisation des sols, les conditions de travail de leurs travailleurs, etc. Évidemment, les humains sont ce qu'ils sont. Il leur arrive de mentir. Pour cette raison, nous avons inclus des audits extérieurs dans notre système. Nous faisons confiance, mais nous contrôlons. À ce jour, 60 % des produits vendus chez Whole Foods se sont vu attribuer cette nouvelle certification d'agriculture responsable.

D.B. - Parlons de 365 by Whole Foods. C'est le premier nouveau concept que vous implantez depuis l'ouverture en 1980...

J.M. - Pour l'instant, nous en parlons au compte-gouttes. Je veux bien vous donner deux ou trois détails. Les épiceries 365 by Whole Foods seront logées dans des locaux plus petits, d'une superficie de 25 000 à 35 000 pieds carrés plutôt que 35 000 à 60 000 pi2. L'offre sera plus réduite, bien sûr. Nous nous concentrerons sur les articles moins chers. Pour contrôler les coûts, il y aura moins d'employés dans les magasins de cette enseigne, donc moins de service. La première épicerie 365 by Whole Foods devrait ouvrir ses portes en avril ou mai 2016, dans le quartier Silver Lake de Los Angeles [Silver Lake est un quartier en cours de gentrification et où la génération Y commence à s'établir.]

D.B. - Quel poids les épiceries 365 by Whole Foods auront-elles dans votre croissance ?

J.M. - Je n'aime pas répondre à des questions sur le futur. Et je ne fais pas de prévisions. Je suis un entrepreneur, je prends des risques, j'essaie des choses. Si ça fonctionne, on continue. Si ça ne fonctionne pas, on arrête. Je crois que les épiceries 365 by Whole Foods ont un bon potentiel, et j'espère qu'elles attireront la génération Y. On verra.

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