Dollarama en faveur du prolongement des heures d'ouverture

Publié le 19/03/2012 à 14:11, mis à jour le 19/03/2012 à 14:39

Dollarama en faveur du prolongement des heures d'ouverture

Publié le 19/03/2012 à 14:11, mis à jour le 19/03/2012 à 14:39

Par Marie-Eve Fournier

[Photo : David-Alexandre Alarie]

Le délicat dossier des heures d’ouverture des commerces est revenu hanter les détaillants ce matin, au congrès annuel du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) qui se tient au centre-ville de Montréal. L’un des conférenciers vedettes de l’événement, le chef exploitation de Dollarama, Stéphane Gonthier, a plaidé pour le prolongement des heures d’ouverture dans les commerces au Québec. Une idée qui est loin de faire l’unanimité dans l’industrie.

« Je ne veux aucune limite », a précisé Stéphane Gonthier lorsqu’on lui a demandé quelles seraient ses heures d’ouverture idéales. À son avis, la règlementation actuelle est « farfelue » à l’ère du commerce électronique qui est accessible 24 heures sur 24 alors que les détaillants qui investissent dans la brique et le mortier doivent, eux, fermer leurs portes en fin de journée.

De plus, il croit que des heures d’ouverture limitées « sont un frein » à la productivité du Québec. « Les Québécois ne sont pas paresseux. C’est le modèle québécois qui les rend improductifs. Si je pouvais ouvrir mes magasins plus d’heures, je créerais des emplois, les gens travailleraient plus d’heures, ils auraient un plus grand pouvoir d’achat et dépenseraient plus chez d’autres détaillants. »

Les détaillants dans la salle ne se sont pas levés pour l’applaudir. Bien au contraire. C’est un dossier qui ne manque jamais de susciter de vives réactions dans l’industrie dès que le gouvernement envisage des changements législatifs. À chaque prolongement des heures, les opposants affirment que cela fait augmenter leurs coûts de main-d’oeuvre sans que les ventes n’augmentent puisque les consommateurs n’ont pas plus d’argent à dépenser.

D’ailleurs, les trois détaillants rencontrés par lesaffaires.com après l’allocution de Stéphane Gonthier n’ont pas hésité à exprimer leur désaccord.

«Le web, c’est un faux argument. Vaut mieux s’organiser pour vendre en ligne que de garder nos magasins toujours ouverts», croit Bernard Paré, président de La Maison Ogilvy, au centre-ville de Montréal.

Du côté de FGL Sports (ex-Forzani, propriétaire des magasins Sports Experts et Atmosphère) le vice-président exécutif, Jean-Stéphane Tremblay, calcule que des heures prolongées feraient augmenter les coûts d’exploitation. « Il nous faut au moins 8 employés dans un magasin comme celui d’Anjou, si on ne veut pas se faire voler. Pour rentabiliser cela, il faudrait des ventes très intéressantes… Dans notre industrie, ce n’est pas une bonne idée [de prolonger les heures], je crois.»

Il rappelle qu’en 2004, certains centres commerciaux qui avaient prolongé leurs heures d’ouverture les lundis, mardis et mercredis jusqu’à 21 heures sont revenus sur leur décision, faute de clients. « À l’époque, nos franchisés étaient contre l’idée», précise-t-il.

Il ne faut pas oublier les problèmes dus à la pénurie de main-d’œuvre qui seraient alors amplifiés, ajoute Jean-Stéphane Tremblay. « C’est difficile de trouver des gens compétents et formés pour travailler les soirs. Pour nous, c’est peut-être encore plus difficile d’en trouver car, en tout respect pour Dollarama, ça prend plus de formation pour vendre des skis. »

La pénurie de main-d’œuvre fait aussi partie des arguments évoqués par Anna Martini, présidente du groupe Dynamite (magasins Dynamite et Garage) pour justifier le maintien du statu quo. « Ouvrir les samedis soirs, pour nous, ce serait l’enfer. On ne trouverait pas de jeunes intéressés à travailler. »

Malgré ses nombreuses réserves, la dirigeante n’est pas en désaccord avec l’idée de prolonger les heures à quelques endroits précis. « Les ventes seraient plus élevées, mais le bottom line (les profits), je n’en suis pas certaine, a estimé Anna Martini. À Montréal, ça marcherait sans aucun doute, mais pas dans les petites villes. »

Bernard Paré, dont le magasin sur trouve sur la rue Sainte-Catherine ouest, était assez d’accord avec elle. « On ferme à 17 heures les samedis et on doit mettre des clients dehors, Ça pourrait être intéressant de fermer à 19 heures. »

* On se rappellera qu’à l’été 2004, Cadillac Fairview, un important propriétaire de centres commerciaux, avait créé tout un émoi en prenant la décision d’ouvrir ses centres tous les soirs de la semaine jusqu’à 21 heures. Tous les locataires devaient obligatoirement se plier au nouvel horaire. Seul Simons avait pu y échapper grâce à une clause dans son contrat. La décision de Cadillac Fairview avait forcé d’autres commerciaux à emboîter le pas.

* Quatre ans plus tard, Québec avait permis l’ouverture des commerces le 2 janvier. La nouvelle – annoncée en décembre - avait été mal accueillie par les détaillants qui déploraient de devoir refaire les horaires à la dernière minute et par les employés pour qui cette journée était un congé acquis depuis toujours. Un groupe Facebook avait été mis sur pied en guise de protestation. Le Conseil québécois du commerce de détail était néanmoins favorable à ce changement législatif pour des raisons « d’équité » entre les commerces puisque les épiceries et les pharmacies (qui vendent aujourd’hui de tout) avaient le droit d’ouvrir.

 

 

 

 

 

 

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