Les risques ESG à l’ère des véhicules électriques

Publié le 31/03/2023 à 14:01

Les risques ESG à l’ère des véhicules électriques

Publié le 31/03/2023 à 14:01

(Photo: 123RF)

Les véhicules de promenade font partie intégrante de la vie de la plupart des gens, et seule, votre voiture semble peu contribuer aux changements climatiques.

Après tout, un véhicule de promenade n’émet qu’environ 5,5 tonnes métriques d’équivalent de dioxyde de carbone par an, ce qui est minime par rapport aux 50 billions de tonnes métriques émises toutes les années par l’ensemble du parc automobile. Donc, c’est plutôt ce total qui contribue aux causes du changement climatique.

Les émissions de gaz à effet de serre sont un risque environnemental, social et de gouvernance pour les constructeurs automobiles et en parallèle, pour leurs actions. Et il y en a quatre autres: la gouvernance de produit, le capital humain, la gouvernance d’entreprise et l’éthique commerciale.

Bien que ces risques sont nombreux, nous les considérons gérables. Nous avons identifié cinq actions automobiles qui se négociaient à des valorisations attrayantes, dont les rabais compensent les risques pris par les investisseurs à long terme intéressés. Il y a General Motors (GM), Nissan (NSANY), Renault (RNSDF), Stellantis (STLA), et Volkswagen (VWAGY).

Les véhicules électriques, solutions à l’exposition des risques ESG?

Comme nous l’avons souligné ci-dessus, les émissions de carbone sont un des risques ESG les plus évidents auxquels s’exposent les fabricants automobiles et leurs fournisseurs.

Reconnaissant que tous les efforts de lutte contre les changements climatiques demandent que l’on s’attaque aux autos, les gouvernements du monde entier ont introduit des normes d’efficience des carburants de plus en plus strictes.

L’Union européenne a été de loin le chef de file dans l’établissement d’émissions cibles, la législation existante ciblant une réduction de 15% entre 2021 et 2025 et de 55% d’ici 2030, selon le cadre de référence du New Deal Vert. La cible montera à 100% d’ici 2035.

Les améliorations des moteurs à combustion interne ayant peu de chance de produire des résultats importants, les fabricants devront répondre aux normes de plusieurs manières: en produisant par exemple une proportion de plus en plus grande de véhicules hybrides et à batteries. Nous prévoyons que la part occupée par les ventes de nouveaux véhicules à batteries électriques représentera 30% des ventes globales d’ici 2030, et les véhicules hybrides en constitueront près de 40%.

 

Volkswagen en avant

D’ici 2030, nous prévoyons que Volkswagen sera le chef de file de l’industrie avec environ 6,3 millions de véhicules à batterie électrique, soit 18% du marché. Nous pensons que la société détiendra la plus grosse part de ce marché, car elle est déjà l’un des plus grands fabricants dans le monde.

Avec une estimation de 5,2 millions de véhicules à batterie électrique en 2030, Stellantis STLA devrait être au deuxième rang, bien que Tesla TSLA ne soit pas loin derrière, avec 5 millions d’unités.

Dans bien des cas, les profits à long terme obtenus par les fournisseurs de pièces pour véhicules électriques remplaceront à peine les profits que leur apportent les véhicules à combustion interne.

Toutefois, certains fournisseurs comme BorgWarner BWA et Vitesco Technologies VTSCF pourront jouir de profits importants en raison du contenu supplémentaire par véhicule provenant de l’électrification du groupe motopropulseur.

Des risques pour la réputation des entreprises, mais moins financiers

Bien qu’ils aient reçu leur part de couverture de presse, les fabricants automobiles sont relativement peu exposés aux risques liés au capital humain que représentent, selon nos critères, une intensité de main-d’œuvre et des compétences des travailleurs plus faibles.

Les fournisseurs ont aussi une faible exposition à ce risque, avec une intensité de main-d’œuvre plus élevée contrebalancée par des compétences des travailleurs encore plus faibles. Nous pensons néanmoins que certains risques liés au capital humain méritent qu’on s’y attarde, notamment les relations avec les syndicats et le besoin accru de personnes hautement qualifiées pour développer des logiciels.

Les autres problèmes ESG dignes d’attention sont la gouvernance d’entreprise, en raison d’un pouvoir plus faible de l’actionnariat qui n’est pas inhabituel dans ces industries, et l’éthique d’entreprise, avec pour exemple de comportement répréhensible le scandale du «dieselgate» de Volkswagen. Cette tromperie a brisé la confiance de nombreux consommateurs et coûté à la société 30 milliards d’euros d’amendes et de règlements judiciaires.

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