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Selon les cheminots du CN et CPKC, arrêt de travail en vue

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Selon les cheminots du CN et CPKC, arrêt de travail en vue

Le CN affirme que les récents changements réglementaires ont rendu plus difficile le recrutement d'équipages et ont nécessité une modernisation du modèle de rémunération. (Photo: La Presse Canadienne/Nathan Denette)

Le syndicat qui représente plus de 9000 travailleurs des deux plus grandes compagnies ferroviaires du Canada affirme que la sécurité publique est en jeu alors que les négociations collectives sont actuellement au point mort et qu’une grève potentielle se profile à l’horizon.

Vendredi, le Canadien National (CN) et le Canadien Pacifique Kansas City (CPKC) ont demandé au ministre fédéral du Travail de nommer un conciliateur dans le cadre des négociations pour le renouvellement des conventions collectives pour les chefs de train, les ingénieurs et les ouvriers de gare de triage.

L’avis de différend lance le processus légal vers une éventuelle grève ou un éventuel lock-out, qui pourrait survenir dès 81 jours après la nomination des conciliateurs fédéraux, soit au début du mois de mai.

Selon le président national de Teamsters Canada, François Laporte, les deux compagnies ferroviaires envisagent d’éliminer les principales dispositions de repos des contrats de travail, ce qui pourrait accroître la fatigue des équipages et mettre en danger la sécurité publique. 

«Nous souhaitons éviter un conflit de travail, mais la sécurité de nos membres et du public est non négociable», a-t-il affirmé dans un communiqué. 

Le CN affirme que les récents changements réglementaires ont rendu plus difficile le recrutement d’équipages et ont nécessité une modernisation du modèle de rémunération. 

Le CPKC affirme qu’il négocie de bonne foi depuis septembre et propose des augmentations de rémunération et une plus grande prévisibilité des horaires, mais les positions de l’employeur et du syndicat «restent inconciliables».

Le Canadien Pacifique et le Kansas City Southern ont conclu leur accord pour devenir le Canadien Pacifique Kansas City l’année dernière.

Les conciliateurs fédéraux ont participé à l’élaboration de neuf des dix conventions collectives conclues depuis 1993 entre le Canadien Pacifique et les travailleurs des trains et des gares de triage représentés par la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada, a indiqué l’entreprise ferroviaire.

 

D’autres améliorations recherchées

La gestion de la fatigue demeure un facteur de préoccupation en matière de sécurité dans le secteur du transport ferroviaire de marchandises et figure sur la «liste de surveillance» du Bureau de la sécurité des transports du Canada depuis 2016.

De nouvelles règles sont entrées en vigueur en mai dernier, plafonnant la durée maximale des quarts de travail des travailleurs du secteur du transport de marchandises à 12 heures, au lieu de 16. Elles ont également porté la période de repos minimale entre les quarts de travail à 10 heures à la maison et à 12 heures en dehors de la maison, contre 6 et 8 heures respectivement auparavant.

En juin, un juge de la Cour fédérale a reconnu le Canadien Pacifique coupable d’outrage au tribunal pour les employés ayant travaillé de trop longues heures en 2018 et 2019. La compagnie a promis de faire appel. 

Les conventions collectives actuelles vont au-delà de ce que la réglementation exige en matière de repos, explique Christopher Monette, porte-parole chez Teamsters Canada.

Par exemple, les mécaniciens — qui conduisent le train — et les chefs de train — qui supervisent les horaires et les communications — peuvent limiter leur quart de travail à 10 heures plutôt qu’au plafond de 12 heures stipulé dans les règles fédérales.

«Nous comblons les lacunes de la réglementation que nous estimons exister et nous cherchons à l’améliorer dans l’intérêt de nos membres et du public», a soutenu Christopher Monette en entrevue téléphonique.

Le syndicat espère d’autres améliorations des règles de repos existantes, a-t-il ajouté. 

En mars 2022, le Canadien Pacifique a mis ses travailleurs en lock-out pendant deux jours en raison d’un différend sur les salaires, les avantages sociaux et les pensions, avant que les deux parties n’acceptent de recourir à l’arbitrage obligatoire.

En novembre 2019, une grève ferroviaire a frappé le pays pendant huit jours jusqu’à ce que le CN et 3000 cheminots parviennent à une entente de principe, mettant fin à un conflit de travail qui a interrompu les expéditions, provoqué des licenciements et perturbé les industries dans tout le pays.