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La crise du transport interurbain frappe les régions du Québec

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Des milliers de Québécois sont privés de service d’autocar dans d’innombrables localités des régions éloignées.

L’abandon de la desserte de la Gaspésie annoncé mercredi par Keolis n’est que le tout dernier symptôme de la crise qui frappe l’ensemble des territoires québécois en matière de transport interurbain par autocar.

Ce sont des milliers de Québécois qui sont privés de service d’autocar dans d’innombrables localités des régions éloignées, et ce, depuis le début de la pandémie il y a un an dans de nombreux cas.

Ainsi, outre la Gaspésie, qui perdra le service d’autocar d’Orléans Express à compter du 7 février, il n’y a plus de service d’autocar sur la Côte−Nord, au Lac−Saint−Jean, dans tout l’Abitibi−Témiscamingue à l’exception de Val−d’Or, Rouyn−Noranda et Amos. Les dessertes du Saguenay, de l’Estrie, du Centre−du−Québec et de plusieurs autres régions sont soit interrompues, soit réduites au minimum. 

Par exemple, la liaison Québec−Saguenay d’Intercar, normalement offerte quatre fois par jour, sept jours par semaine dans les deux directions, a été réduite à deux aller−retour fois par semaine. Tout le reste du Saguenay−Lac−Saint−Jean est orphelin de transport, et ce, depuis près d’un an, ainsi que Chibougamau qui était desservi par cette entreprise.

Sur la Côte−Nord, la tentative de relancer le transport n’a duré que du mois d’août au mois d’octobre avant d’être interrompue à nouveau, à l’exception du tronçon entre Havre−Saint−Pierre et Sept−Îles, maintenu grâce au financement des autorités municipales locales.

En Abitibi, Autobus Maheux doit se limiter à deux départs par jour pour effectuer la liaison Montréal−Val d’Or−Rouyn−Noranda, la seule de ses huit lignes régionales encore en fonction. L’entreprise exploite également une autre ligne reliant Val−d’Or, Amos, Matagami et Chisasibi, là aussi grâce à un soutien financier, notamment des communautés autochtones sur la route de la Baie−James. Par contre, tout le Témiscamingue, le reste de l’Abitibi et tout le nord−ouest de l’Outaouais sont laissés à leur sort.

Autobus Gatineau, une filiale de Maheux, maintient également ses activités entre Gatineau et Grand Remous, dans l’Est de l’Outaouais, mais encore là ce service est soutenu par les élus locaux.

En Estrie, l’express Sherbrooke−Montréal de Limocar, qui offre en temps normal 11 aller−retour par jour, a réduit la fréquence à deux liaisons quotidiennes et a délaissé certains arrêts en cours de trajet.

La liste de cet abandon de communautés, qui se retrouvent sans autre transport que l’automobile, s’étire dans le Centre−du−Québec avec les villes de Drummondville et Victoriaville, entre autres. En Mauricie, la ville de Trois−Rivières doit se contenter d’une liaison par jour, étant en escale sur le trajet Montréal−Québec. 

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a refusé une demande d’entrevue de La Presse Canadienne. Son bureau s’est contenté de répéter par voie de messagerie que «le gouvernement est déterminé à poursuivre le travail avec les transporteurs interurbains, comme nous l’avons fait depuis le début de la pandémie en aidant le secteur aérien et le transport collectif».

On précise que «le ministre des Transports est en lien constant avec les transports, notamment Keolis avec qui il a eu une rencontre très productive hier (mercredi)» et que «les régions peuvent compter sur nous».