Logo - Les Affaires
Logo - Les Affaires

Eric Girard ne veut plus de négociations de dernière minute

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Eric Girard ne veut plus de négociations de dernière minute

Selon le ministre des Finances, «le gouvernement du Québec pourrait assumer la baisse d’achalandage», mais il précise qu’en absorbant 70% des déficits, «on prend plus que la baisse d’achalandage». (Photo: La Presse Canadienne)

Le ministre des Finances, Eric Girard, est convaincu qu’il sera possible de réduire les coûts des réseaux de transport en commun, mais il ne veut plus voir de négociations jusqu’à la dernière minute comme celles auxquelles on a assisté cette année. 

À peine quelques semaines avant la présentation des budgets des municipalités, la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, a finalement consenti la semaine dernière à éponger 70% du déficit des sociétés de transport en leur versant une somme de 265 millions de dollars.

Devant plusieurs centaines de convives réunis à l’invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, vendredi, M. Girard a été clair: «Il ne faut plus faire ce qu’on vient de faire où l’on négocie jusqu’à la dernière minute.» 

Selon le ministre des Finances, «le gouvernement du Québec pourrait assumer la baisse d’achalandage», mais il précise qu’en absorbant 70% des déficits, «on prend plus que la baisse d’achalandage».

 

L’urgence est terminée 

En mêlée de presse à l’issue de son allocution, M. Girard a fait valoir que l’aide d’urgence versée aux sociétés de transport visait à compenser l’absence de passagers. «Cette année, c’est comme si, pour les sociétés de transport en commun, on est encore dans l’urgence. Ils auraient aimé qu’on ramasse 100% du déficit. Or, le fédéral ne contribue plus parce qu’il considère que la pandémie est terminée», a-t-il expliqué.

Mais le Québec, dit−il, ne peut pas fournir à lui seul la totalité des aides «et c’est pour ça qu’on s’arrête à 70%», dit−il. Les sociétés de transport, elles, font valoir que la pandémie a beau être terminée, l’achalandage n’est pas revenu à ses niveaux d’avant la pandémie, notamment en raison d’une forte croissance du télétravail.

Il précise que sa collègue aux Transports planche sur un plan de financement de cinq ans avec des projections de revenus et de dépenses et que, «donc, c’est la dernière année qu’on fait (le financement) une année à la fois».

 

Encore du gras? «C’est évident». 

Puis, il ne se gêne pas pour lancer un pavé dans la mare des sociétés de transport en se rangeant à 100% derrière l’idée d’auditer les finances de celles−ci, se disant certain qu’on y trouvera des dépenses à couper. «Je pense que c’est évident. Est−ce qu’il y en a qui sont convaincus qu’il n’y a pas d’enjeux de coûts dans les sociétés de transport en commun?» a-t-il lancé en réponse à une question en ce sens du président de la Chambre de commerce, Michel Leblanc.

Poussé plus loin en mêlée de presse, il a répliqué aux propos des dirigeants de la Société de transport de Montréal (STM) selon qui 85% des dépenses d’opérations sont des salaires et, donc, incompressibles, affirmant que si un haut pourcentage des dépenses est de la masse salariale, «il faut contenir la croissance de la masse salariale, les dépenses administratives, les salaires des dirigeants, et tout ça».

Aussi, dit−il, les sociétés de transport doivent apprendre à composer avec les baisses d’achalandage. «S’il y a une baisse de l’achalandage, alors il y a des routes qui sont moins utilisées. Il faut avoir le courage de redéployer les services vers les routes qui sont plus utilisées. Il y a moins d’usagers, alors on ne peut pas rester figé avec une offre de service qui est constante avec moins d’usagers.»

Pierre Saint−Arnaud, La Presse Canadienne