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Avion: reprise de la vente de sièges adjacents dès mercredi

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Air Canada et WestJet mettent fin à leurs politiques de distanciation des sièges.

Les voyageurs se montrent ambivalents à l’idée d’embarquer dans un avion, tandis que les deux plus grandes compagnies aériennes au pays recommencent à vendre des sièges immédiatement adjacents à bord de leurs appareils.

À compter de mercredi, Air Canada et WestJet mettent fin à leurs politiques de distanciation des sièges qui visaient à prévenir la propagation de la COVID-19.

L’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada a exprimé des réserves face à la reprise de cette pratique, bien que la réglementation fédérale le permette.

« Nous pensons vraiment qu’il est important d’éviter autant que possible les contacts physiques étroits. Et sinon, portez le masque médical », a réitéré la Dre Theresa Tam lundi.

Le port du masque ou du couvre-visage est obligatoire depuis le 20 avril dans tous les vols.

Mais malgré cela, les voyageurs doivent prendre « des décisions difficiles », a ajouté la Dre Tam, et les gens devront évaluer leur besoin de se déplacer et le niveau de risque qu’ils sont prêts à accepter.

« C’est un peu effrayant pour tout le monde », affirme Karen Kabiri, qui a pris l’avion pour la première fois en cinq ans, lundi.

Le Torontois de 44 ans avait appris que sa mère était décédée la veille en Iran, à peine vingt jours après la mort de son père. Le professeur de piano s’est donc envolé vers Téhéran pour aller prêter main−forte à sa sœur en vue des arrangements funéraires.

Il a fait escale à Montréal, puis au Qatar. Puisque Transports Canada n’autorise désormais l’accès qu’au personnel et aux passagers, il a passé plusieurs heures à l’extérieur de l’aéroport Pierre−Elliott−Trudeau avec son autre sœur, qui vit au Québec et qui n’a pas pu être du voyage.

M. Kabiri raconte qu’il avait ses appréhensions, mais Air Canada a fourni un masque, des gants, des lingettes désinfectantes et une bouteille d’eau à tous les passagers.

Claire Parois et sa fille de cinq ans sont pour leur part montées à bord d’un vol à destination de France, lundi, pour rejoindre ses parents après avoir reçu l’autorisation de rester en télétravail jusqu’à la fin août.

« Nous avons décidé de passer le reste de l’été chez mes parents où je n’ai pas à être une mère à temps plein et travailler à temps plein en même temps, ce que je fais depuis 15 ou 16 semaines », a expliqué Mme Parois, qui travaille pour les Nations Unies à Montréal. « Ç’a été vraiment, vraiment, vraiment difficile. »

« Ma principale crainte serait d’être infectée puis d’infecter mes parents. Sinon, je ne suis pas trop inquiète. »

La frontière du Canada étant toujours fermée à presque tous les non−résidents, les voyages internationaux ont à peine repris depuis leur dégringolade de 95 % par rapport à l’année précédente au mois d’avril. Les vols intérieurs devraient toutefois connaître une hausse dans les semaines et les mois à venir, à mesure que les restrictions interprovinciales s’assouplissent et que l’économie poursuit sa relance.

Dans ses lignes directrices à l’intention de l’industrie de l’aviation, Transports Canada cite la distanciation physique comme l’un des « points clés » en vue de la prévention de la propagation du virus.

« Les exploitants devraient élaborer des lignes directrices sur l’espacement des passagers à bord des aéronefs lorsque cela est possible pour optimiser l’éloignement social », peut-on lire dans le guide du ministère, publié en avril.

Conformément aux directives fédérales, Air Canada et WestJet effectuent des contrôles de température avant l’embarquement et exigent le port du masque à bord. À la fin du mois de mars, les deux compagnies aériennes ont également mis en œuvre un nettoyage plus rigoureux des appareils et réduit les services disponibles à bord, éliminant les boissons et les repas chauds, de même que les aliments frais.