VIA Rail: Siemens remplacera la flotte du corridor Québec Windsor

Publié le 12/12/2018 à 14:10, mis à jour le 12/12/2018 à 15:21

VIA Rail: Siemens remplacera la flotte du corridor Québec Windsor

Publié le 12/12/2018 à 14:10, mis à jour le 12/12/2018 à 15:21

Par La Presse Canadienne
Logo de VIA Rail dans une garre

[Photo: 123rf]

Après avoir coiffé Bombardier dans le cadre d’un contrat de 989 millions $ octroyé par VIA Rail, Siemens pourrait aller chercher jusqu’à un demi-milliard de plus auprès de la société d’État dans les prochaines années.


En confirmant la commande de 32 nouveaux trains bidirectionnels, mercredi, à l’occasion d’une conférence de presse, le président et chef de la direction de VIA Rail, Yves Desjardins-Siciliano, a indiqué que l’entente comprenait des options pour 16 rames.


Cela représenterait un montant de 494,5 millions $, soit la moitié du contrat octroyé au géant allemand.


« Surtout dans le cas où le gouvernement fédéral donnerait l’aval


à notre projet de train à grande fréquence, qui ajouterait des fréquences entre Québec, Trois-Rivières, Montréal, Ottawa, Peterborough et Toronto », a dit M. Siciliano.


Le dirigeant de VIA Rail a justifié cette option en raison des « besoins grandissants » éventuels de la société d’État pour le corridor ferroviaire entre Québec et Windsor.


Celui-ci s’attend à ce qu’Ottawa, qui étudie toujours le projet de train à grande fréquence visant à relier des villes avec un réseau ferroviaire uniquement consacré au transport des voyageurs, fasse part de sa décision en 2019.


Dans le cadre du contrat pour la construction de 32 trains, qui ne contient aucune exigence minimale de contenu local, Siemens accomplira le travail à Sacramento, en Californie, où se trouve son siège social nord-américain.


L’entrée en service des nouveaux trains, devant permettre à VIA Rail de maintenir sa capacité actuelle de 9100 sièges, devrait se faire en 2022 et les livraisons s’échelonneront jusqu’en 2024. Un contrat de 15 ans, 355,5 millions $, pour des services techniques et la fourniture de pièces, s’ajoute à l’entente.


Ce choix de la société d’État, qui avait été éventé au cours des dernières semaines, avait suscité la grogne au Québec alors que Bombardier tente de garnir le carnet de commandes de son usine de La Pocatière.


En conférence de presse, M. Siciliano a repris les arguments précédemment évoqués par le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, pour justifier l’absence d’exigences de contenu local en répétant que les traités de libre-échange signés par le Canada avec l’Union européenne et les États-Unis ne permettaient pas à VIA Rail de favoriser Bombardier dans l’octroi de ses contrats.


À son avis, la société d’État ne pouvait tenir compte de l’évaluation des retombées économiques dans son évaluation lors de l’appel d’offres.


« Les opinions de nos experts étaient que VIA Rail est nommée dans ces ententes (de libre-échange) et il lui est interdit d’exiger du contenu canadien, dit M. Siciliano. Nous nous sommes conformés aux règles. »


Siemens a ouvert la porte à offrir jusqu’à 20 pour cent de la valeur des contrats annoncés mercredi à des sous-traitants, qui devront toutefois répondre à des appels d’offres. Il n’y a aucune garantie à ce que des entreprises canadiennes soient sélectionnées.


Par voie de communiqué, Bombardier Transport n’a pas caché sa déception, affirmant qu’il était « inconcevable » qu’un contrat pour un train qui passera dans « deux capitales nationales » n’ait pas généré un maximum de retombées locales.


L’entreprise, qui souhaitait maximiser les possibilités à ses sites de La Pocatière et de Saint-Bruno, affirme que VIA Rail a refusé à deux reprises de considérer une proposition révisée.


« Cette offre avait reçu l’appui du gouvernement du Québec, contenait des retombées économiques locales accrues et prévoyait l’utilisation de technologies vertes, a fait valoir Bombardier. Nous prendrons le temps nécessaire pour analyser le processus de VIA Rail et ses décisions, et évaluer nos options. »


En dépit de l’octroi d’une commande de 448 millions $ CAN pour 153 nouvelles voitures Azur destinées au métro de Montréal, le couperet va néanmoins tomber à La Pocatière, où une centaine d’employés ont commencé à être mis à pied.


D’ici la fin février, l’usine devrait compter environ 500 salariés.


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