Métro : les nouveaux wagons ne rouleront pas avant l'automne 2013

Publié le 22/03/2010 à 09:24

Métro : les nouveaux wagons ne rouleront pas avant l'automne 2013

Publié le 22/03/2010 à 09:24

Par René Vézina

Le plan des voitures du consortium Bombardier-Alstom pour le métro de Montréal. Photo : Bombardier

Il faudra patienter jusqu’en octobre 2013, au moins, pour voir de nouvelles voitures de métro rouler à Montréal. L’attente pourrait se prolonger si la Société de transports de Montréal (STM) juge recevable la proposition qu’elle a reçue in extremis de la firme espagnole Construcciones Y Auxiliar De Ferrocarriles (CAF), ce qui mènerait inévitablement à une réouverture de l’appel d’offres.

En entrevue avec le journal Les Affaires, le président de Bombardier Transports, Raymond Bachant, et son homologue d’Alstom, Pierre Gauthier, ont rappelé que le consortium formé par leurs deux sociétés est prêt, lui, à aller de l’avant, et ils ont en même temps émis de sérieux doutes sur la capacité de CAF de répondre aux exigences spécifiques de la STM.

La situation s’est è la fois clarifiée et embrouillée le 22 janvier. Ce jour-là, le Conseil de ministres du Québec a donné son aval à la proposition commune de Bombardier et Alstom; mais en même temps, il a reconnu que le contrat original pour le remplacement des vieilles voitures MR-63 ne tenait plus depuis qu’on avait décidé de procéder également au remplacement des voitures MR-73. La commande initiale de 342 voitures passait ainsi à 765. Des firmes qui n’avaient pas soumissionné à l’époque pourraient être tentées de la faire. De là la nécessité d’émettre un avis international, assorti d’un délai de 30 jours, au cas où une autre entreprise signalerait son intérêt. La date butoir a été fixée au 1 er mars.

Deux se sont formellement manifestées : la chinoise ZhuZhou, le 26 février, et l’espagnole CAF, le 1er mars. La proposition chinoise a été rapidement écartée par la STM parce qu’elle repose sur l’utilisation de roues en acier, ce qui ne correspond pas aux exigences de la STM. Le cas de CAF est plus complexe. On a donc fait appel à une firme spécialisée, Hatch Mott MacDonald, qui doit émettre un rapport sur la recevabilité de la proposition espagnole vers la mi-avril. Si CAF ne pas l’examen, Bombardier-Alstom aura le feu vert. Le premier prototype devra alors être livré 32 mois plus tard, au début de l’hiver 2012. Les premières voitures fonctionnelles, elles, entreraient en service à l’automne 2013. Mais si on accepte la proposition de CAF, il faudra relancer tout le processus d’appel d’offres, ce qui signifie un délai supplémentaire de plusieurs mois, voire deux ans.

De leur côté, Messieurs Bachant et Gauthier se disent impatients de commencer le travail parce qu’ils jugent être les seuls capables de répondre aux conditions de la STM. Leur expérience combinée de bogies (essieux et roues) pneumatiques est sans égale, disent-ils, sans compter leur maîtrise de tous les détails techniques particuliers au métro de Montréal. Les sabots de frein des voitures, par exemple, doivent être faits de bois, pour des questions de résistance à l’usure. Par ailleurs, le consortium n’aurait aucune difficulté à atteindre le seuil minimal de 60 % de contenu canadien exigé par le gouvernement du Québec, qui paiera 75 % de la note évaluée à plus de 3 milliards de dollars.

CAF dit pouvoir se qualifier, même si elle part de loin, n’ayant pas la moindre installation ni même de représentant au Québec. Bombardier Transport compte plus de 1000 employés à ses installations de Saint-Bruno et de La Pocatière, tandis qu’Alstom en compte 150 à Sorel. Le nombre serait appelé à monter advenant l’octroi du contrat, qui profiterait également aux quelque 165 fournisseurs concernés. Dans une étude terminée en octobre 2009, le consortium évaluait à près de 12 000 le total d’emploi directement ou indirectement soutenus par la commande éventuelle. Les investissements globaux, eux, atteindraient 2,1 milliards de dollars injectés dans l’économie canadienne.

La facture risque forcément de grimper dans l’hypothèse de nouveaux délais. Les fournisseurs ne pourront indéfiniment garantir leurs prix, soulignent MM. Bachant et Gauthier.

À l’origine, selon le plan initial, le métro devait accueillir ses nouvelles voitures en 2012. Tout indique que les usagers devront encore faire preuve de beaucoup de patience. Les voitures actuelles, qui ont roulé en moyenne quelque 2 800 000 kilomètres, font du métro de Montréal l’un des plus vieux au monde.

 

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