Entrevue: «Tesla ne fabrique pas des voitures mais une industrie»

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Septembre 2015

Entrevue: «Tesla ne fabrique pas des voitures mais une industrie»

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Septembre 2015

Par Diane Bérard

Will Nicholas, directeur des relations gouvernementales, Tesla.

Cet automne, Tesla lancera sa Model X, un VUS. D'ici 2017 s'ajoutera la Model 3, un véhicule plus abordable. Pendant ce temps, le réseau de stations de recharge se déploie en Amérique du Nord. Et l'an prochain, Tesla fabriquera elle-même ses batteries. Will Nicholas, directeur des relations gouvernementales, parle des défis du rôle de pionnier. Il participera à la conférence Momentum, organisée par Novae à Montréal le 24 septembre.


Diane Bérard - Qu'ont en commun Elon Musk et Henry Ford ?


Will NiCHOLAS - Henry Ford savait que pour vendre ses voitures, il lui faudrait investir dans un réseau de stations-service. Sans un accès facile et pratique au carburant, les Américains auraient hésité à se procurer l'innovation qu'était la voiture. Elon Musk sait qu'il ne peut se contenter de construire des voitures électriques. Il doit investir dans les infrastructures pour créer une demande. C'est le prix à payer pour être un pionner. Tout est à développer. Et c'est Elon Musk qui doit s'en charger jusqu'à ce que d'autres entrepreneurs y voient un avantage suffisant pour rejoindre le secteur du transport électrique. Alors, Elon pourra se concentrer sur les automobiles.



D.B. - La voiture électrique pose de nombreux défis, dont la recharge. Où en est ce dossier ?


W.N. - Le réseau se déploie depuis 2013. Il y a 220 stations de recharge (Superchargeurs) au Canada et aux États-Unis. On en trouve, entre autres, aux Promenades Drummondville. En 30 minutes, vous obtenez une recharge qui garantit 275 km d'autonomie. Chaque station comprend plusieurs bornes. En 2015, Tesla ajoutera de 50 à 70 stations.


D.B. - Recharger une Tesla dans vos 220 stations-service (Superchargeurs) est gratuit. Pourquoi ?


W.N. - C'est un pari. L'électricité coûte moins cher que l'essence. Nous estimons que les revenus tirés de la vente de véhicules compenseront largement le financement des recharges. En fait, cet investissement est déjà profitable.


D.B. - Parlez-nous du second réseau de recharge, les stations de destination.


W.N. - Pour accélérer la pénétration de la voiture électrique, le réseau de recharge traditionnel (stations Superchargeurs) ne suffira pas. Vous devez pouvoir recharger votre véhicule sur la route, lors d'un trajet entre Québec et Toronto, par exemple. Mais vous devriez aussi pouvoir le faire dans une multitude de lieux : à la maison, au restaurant, à l'hôtel, etc. Depuis 2014, nous déployons donc un réseau de stations de recharge de destination. On trouve ce type de stations dans les hôtels, par exemple. C'est le cas du Dominion, à Québec. Tesla offre l'équipement gratuitement à l'hôtelier. Cet équipement vaut 1 000 $. L'hôtelier paie les coûts d'installation et d'électricité. Le commerçant offre généralement le service de recharge gratuitement à ses clients. Et il fait payer ceux qui veulent en profiter mais qui ne résident pas à l'hôtel. Nous déployons le réseau de stations de destination depuis 2014.


D.B. - Comment Elon Musk a-t-il déterminé l'étendue des activités que Tesla ferait elle-même par opposition à ce qui serait réalisé par des partenaires ou des fournisseurs ?


W.N. - Elon ne pense pas ainsi. La mission de Tesla est d'accélérer l'adoption de modes de transport non polluants. Le moyen retenu est la construction d'automobiles. Mais ce moyen ne doit jamais nous faire perdre de vue notre mission. D'où l'impossibilité de fixer les limites de notre intervention. Nous observons le marché, nous écoutons les clients et nous posons les gestes pour remplir notre mission ultime.


D.B. - Parlons du nerf de la guerre, la batterie. Le stockage de l'énergie est loin d'être résolu.


W.N. - Nous planchons sur une batterie plus dense, capable d'emmagasiner plus d'énergie. Pour l'instant, il est possible de rouler pendant 400 km sans recharger la batterie. Nous visons entre 600 et 700 km. C'est un projet de 6 milliards de dollars américains que nous avons amorcé à la fin de 2014. Il implique la construction d'une gigantesque usine à Reno, au Nevada. Compte tenu de l'ampleur du projet, nous avons noué un partenariat avec Panasonic et des investisseurs privés. L'usine devrait entreprendre sa production en 2016. Nous voulons fabriquer le châssis de la batterie, mais aussi les cellules à l'intérieur.



image

Gestion du changement

Mardi 17 septembre


image

Usine 4.0

Mardi 24 septembre


image

Impartition TI

Mercredi 09 octobre

Sur le même sujet

TSX: l'énergie pourrait mieux performer

Édition du 20 Avril 2019 | Stéphane Rolland

Les prévisions de bénéfices des analystes pour les sociétés inscrites au S&P/TSX sont très «prudentes», ...

Énergir veut vendre uniquement du gaz vert

Édition du 23 Mars 2019 | François Normand

Même s'il est très loin de son objectif, le producteur et distributeur d'énergie Énergir souhaite un jour vendre ...

À la une

Votre insomnie, la clé du succès de ce développeur montréalais

BLOGUE. En dix ans, Ipnos Software a aidé plus de 35 millions de gens à mieux dormir.

J'aimerais acheter, pourriez-vous vendre svp?

BLOGUE INVITÉ. C'est par incompétences ou paresses que certains détaillants perdent des ventes au profit d'Amazone.

À surveiller: CAE, Goodfood et Restaurant Brands

Que faire avec les titres de CAE, Goodfood et Restaurant Brands?