60 secondes: «Airbnb doit se soumettre aux mêmes règles que nous» -Christiane Germain, Groupe Germain Hospitalité

Offert par Les Affaires


Édition du 27 Septembre 2014

60 secondes: «Airbnb doit se soumettre aux mêmes règles que nous» -Christiane Germain, Groupe Germain Hospitalité

Offert par Les Affaires


Édition du 27 Septembre 2014

Par Martin Jolicoeur

Christiane Germain, coprésidente de Groupe Germain Hospitalité

Vous vous êtes récemment exprimée contre la concurrence d'Airbnb et autres sites du même type. Que leur reprochez-vous ?

Je ne suis pas contre l'ajout de nouveaux acteurs sur le marché. Au contraire. De la compétition, j'en ai vécu toute ma vie. Et je l'apprécie, parce qu'elle nous pousse à nous dépasser. Mais il faut par contre que les mêmes règles s'appliquent à tout le monde.

Qu'entendez-vous par là ?

Ce que je veux dire est que, si nous accueillons ce nouveau joueur, il devra accepter de composer avec les règles qui prévalent sur notre territoire. En conséquence, l'ensemble des lois et règlements auxquels se soumettent les hôteliers, en ce qui a trait notamment au zonage, à la sécurité des clients ou à la fiscalité, devraient aussi leur être imposés. Pourquoi, par exemple, les clients des hôtels seraient-ils les seuls à se voir imposer une taxe de 2 $ à 4 $ la nuitée pour financer la promotion touristique ? Si tout le monde en profite, pourquoi ne réclamerait-on pas le produit de ces taxes également à Airbnb ?

Que faudrait-il faire ?

C'est complexe. Pour empêcher que certains achètent des appartements à grande échelle avec l'objectif de les louer sur Airbnb, certaines villes européennes exigent que les appartements soient loués par des propriétaires ou locataires occupants. Ailleurs, on a décidé d'imposer des durées minimales de séjours aux clients. Je ne dis pas qu'il faut faire la même chose. Je dis simplement que le problème doit être étudié sérieusement et, surtout, résolu par les autorités gouvernementales. C'est une simple question d'équité.

Est-ce à dire que vous laissez entre les mains des gouvernements le soin d'assurer l'avenir de l'industrie hôtelière ?

Pas du tout. Je ne dis pas que l'hôtellerie traditionnelle est parfaite. À un moment donné, c'est le client qui décide. Des gens recherchent des expériences plus authentiques, qui les rapprochent davantage de la vie des lieux visités. Comme hôteliers, nous devons rester à l'écoute du message qui nous est ainsi lancé. On doit s'adapter, et beaucoup le font. Mais nous ne sommes pas les seuls à devoir le faire.

Appliquer les mêmes règles à ces acteurs ne risquerait-il pas de les tuer ? Souhaitez-vous éliminer l'économie collaborative du territoire du Québec ?

Absolument pas. Chacune des offres a sa raison d'être. Mais je souhaite que les règles soient les mêmes pour tous. Les gens qui souhaitent vivre l'expérience d'un studio du Plateau, par exemple, seront prêts à payer les dollars de plus qui pourraient leur être imposés. Il faut visiter ces sites pour comprendre que tout n'est pas bon marché. Seule l'expérience diffère.

10 - Le Groupe Germain Hospitalité possède 10 hôtels.
Source : Groupe Germain Hospitalité

Christiane Germain, Coprésidente, Groupe Germain Hospitalité

Groupe Germain Hospitalité possède et exploite les Hôtels-boutique Le Germain et les Hôtels ALT. Le premier établissement a ouvert ses portes en 1988. L'entreprise en compte aujourd'hui dix, répartis entre Montréal, Québec, Brossard, Halifax, Toronto et Calgary. Deux autres hôtels sont en construction à Winnipeg et Ottawa. Le chiffre d'affaires du Groupe reste confidentiel. Il compte 650 employés.

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