Créer un lab pour rester au fait des tendances

Offert par Les Affaires


Édition du 25 Août 2018

Créer un lab pour rester au fait des tendances

Offert par Les Affaires


Édition du 25 Août 2018

Les nouvelles technologies influent aussi sur les médias. ­Radio-Canada veut réussir sa transformation numérique, et son laboratoire, le ­RC ­Lab, y contribue. [Photo: 123RF]

Les nouvelles technologies provoquent de grands changements dans bien des industries, y compris fort probablement la vôtre. Comment rester au-devant de ces avancements ? La meilleure façon d'y arriver est sans doute d'expérimenter, et pour ce faire, rien de mieux que de mettre sur pied un laboratoire.


Imaginez que vous venez d'apprendre l'existence de Microsoft Word, raconte Lise Estelle Brault, la directrice principale de l'encadrement des dérivés à l'Autorité des marchés financiers (AMF). Et là, les gens vous en parlent, vous lisez des articles qui traitent du logiciel et vous assistez à des conférences d'experts sur le sujet. « C'est bien, mais à un moment donné, si vous voulez apprendre à vous servir du logiciel, vous arriverez à l'étape où vous devrez l'ouvrir vous-même sur votre ordinateur. »


C'est un peu la raison pour laquelle son organisation, l'AMF, a mis sur pied l'an dernier un laboratoire, le Laboratoire Fintech. Ses experts avaient beau lire, s'éduquer, rencontrer des gens et aller à des conférences sur les nouvelles technologies, ils ont réalisé à un certain moment qu'ils seraient incapables de bien les comprendre sans en faire l'expérience.


Sans comprendre les changements qui secouent l'industrie financière, l'AMF aurait bien de la difficulté à remplir sa mission d'encadrement des marchés financiers. « Pour bien réglementer un marché, il faut bien le connaître », explique Mme Brault, qui sera conférencière le 19 septembre à l'événement Gestion de l'innovation, organisé par le Groupe Les Affaires. Pour s'approprier les nouvelles technologies, le laboratoire a donc, par exemple, créé sa propre cryptomonnaie.


Cette expérience a permis à l'AMF de lever le capot sur cette technologie et d'en donner une connaissance pratique à ses spécialistes en valeurs mobilières. L'organisation s'intéresse également beaucoup à la chaîne de blocs (blockchain) et à l'intelligence artificielle. Ultimement, l'objectif est d'acquérir son propre savoir de première main de sorte à mieux saisir les mythes, limitations et risques liés aux nouvelles technologies du milieu financier, explique Mme Brault. « Quand on inspecte une bourse, ou une structure de compensation qui utilise la chaîne de blocs, comment peut-on poser des questions pertinentes si on ne sait pas comment elle fonctionne ? »


Le savoir des jeunes


Les projets du laboratoire de l'AMF sont réalisés par des étudiants qui y font des stages de six mois. Leur travail est coordonné par une personne qui s'y affaire à temps plein. À cela viennent s'ajouter des experts de pointe par des partenariats avec l'Institut de valorisation des données (IVADO), par exemple, qui se spécialise notamment en intelligence artificielle. Le laboratoire collabore également avec la fintech new-yorkaise R3, spécialisée dans le développement et l'application de la technologie des chaînes de blocs.


Qui pourrait profiter de la mise sur pied d'un laboratoire comme celui de l'AMF ? N'importe quelle organisation qui voit son modèle d'affaires évoluer en raison des nouvelles technologies, répond Mme Brault. Une firme devrait toutefois avant tout savoir quel problème elle veut régler.


« Créer un lab qui expérimentera avec des nouvelles technologies dans le vide, ça ne risque pas de donner de bons résultats », dit-elle. Il faut donc d'abord avoir des problèmes et des objectifs concrets sur lesquels travailler.


Nouvelles technos, nouvelle culture


Les nouvelles technologies influent aussi sur les médias. Radio-Canada veut réussir sa transformation numérique, et son laboratoire, le RC Lab, y contribue. Celui-ci vise entre autres à permettre au diffuseur public de trouver des façons d'intégrer les innovations émergentes à ses façons de faire. Il permet aussi de catalyser le changement culturel qui accompagne l'arrivée de nouveaux outils technologiques.


L'accélérateur d'idées, par exemple, est une plateforme du RC Lab dont l'objectif est de récolter les idées des employés - des idées qui doivent proposer une solution à caractère numérique ou technologique à un problème constaté - pour ensuite développer les meilleures. Les projets actuels vont par exemple d'un outil d'analyse dynamique des sentiments des utilisateurs à une extension Chrome qui analyse et vulgarise les contenus pour les rendre plus accessibles.


Maxime St-Pierre, le directeur général des médias numériques, juge que cette démarche a permis à son organisation de mettre en pratique une vision de l'innovation active et de mobiliser les employés autour de projets qui les intéressent et qui contribuent à propager une culture numérique. « Si la direction passait simplement aux employés la commande d'être innovants, nous n'aurions pas les mêmes résultats », dit M. St-Pierre.


Que tous puissent proposer eux-mêmes des projets qu'ils mènent ensuite d'eux-mêmes permet de rallier les gens. La démarche « bottom-up » de l'accélérateur du RC Lab contribue donc beaucoup à son succès. « Les gens embarquent, dit M. St-Pierre. C'est même eux qui tordent le bras à la direction en lui disant "On a une bonne idée, on veut l'implanter, et vous savez quoi ? Nous avons même quelque chose de tangible et concret qui peut servir aujourd'hui." »


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