WS Atkins: SNC-Lavalin a dû se plier aux exigences de la CDPQ

Publié le 28/04/2017 à 14:39

WS Atkins: SNC-Lavalin a dû se plier aux exigences de la CDPQ

Publié le 28/04/2017 à 14:39

Par La Presse Canadienne

(Photo: LesAffaires.com)

Afin d'obtenir le prêt de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) visant à financer l'acquisition de la firme londonienne WS Atkins, SNC-Lavalin a dû se plier à des conditions de l'institution en matière de gouvernance et de maintien du siège social.

Ces détails figurent dans des documents récemment déposés auprès des autorités réglementaires concernant le prêt de 1,5 milliard $ consenti par la CDPQ, qui achètera aussi pour 400 millions $ de nouvelles actions. 

Ainsi, pour les sept prochaines années - soit la durée du prêt - SNC-Lavalin (Tor., SNC) devra maintenir son siège social et la «prise de décisions stratégiques» à Montréal.

Tout comme la «majeure partie» de l'équipe de direction, le président et chef de la direction de la multinationale devra également résider au Québec, ce qui est déjà le cas pour Neil Bruce, en poste depuis 2015.

«Ce n'est aucunement parce que nous envisageons de déménager, a expliqué un porte-parole de SNC-Lavalin, Louis-Antoine Paquin. Nous sommes clairs sur cet aspect. Les conditions, comme celle entourant le maintien du siège social dans la métropole, ne sont pas contraignantes. Nous sommes ici et allons le demeurer.»

De plus, la composition du conseil d'administration devra dépasser les exigences légales en matière de représentativité québécoise et canadienne. Actuellement, neuf des 12 candidats qui sollicitent un mandat résident au pays, dont quatre au Québec.

Autant chez SNC-Lavalin qu'à la CDPQ, on affirme que les négociations se sont bien déroulées et que les conditions conviennent aux deux parties.

«On parle d'une entente qui consacre la volonté commune des deux parties de renforcer la position de SNC-Lavalin comme champion mondial établi à Montréal», a affirmé le directeur principal des relations avec les médias pour la CDPQ, Maxime Chagnon.

Le 20 avril, SNC-Lavalin a annoncé la plus importante acquisition de son histoire en allongeant 3,6 milliards $ CAN pour mettre la main sur WS Atkins, ce qui devrait permettre à l'entreprise québécoise de générer un chiffre d'affaires annuel d'environ 12 milliards $ tout en faisant passer la taille de son effectif de 35 000 à 53 000 employés.

Cette transaction permettra aussi à SNC-Lavalin d'effectuer une importante percée en Europe, une région qui n'a représenté que 5,3 pour cent de son chiffre d'affaires l'an dernier. En plus de l'aide de la Caisse, la firme de génie québécoise compte financer le reste de l'acquisition par des emprunts ainsi que par un placement privé réalisé auprès du public. 

La CDPQ est actuellement le plus important actionnaire de la multinationale, avec 18,5 millions d'actions, soit 12,3% des titres en circulation. Cette participation devrait grimper à 15,01% une fois que la Caisse aura effectué l'acquisition de 400 millions $ en capital-actions. 

Des avancées pour la Caisse en gouvernance

En vertu des modalités du prêt, tant que la CDPQ détiendra au moins 10% des actions en circulation, elle aura le droit de proposer un candidat au conseil d'administration. Cette personne se retrouvera sur la liste soumise par SNC-Lavalin à ses actionnaires pour le vote.

«La possibilité de proposer un administrateur est un droit fréquent lorsqu'un actionnaire détient un pourcentage significatif des actions», a affirmé M. Chagnon, soulignant au passage que la Caisse détient ce droit dans bon nombre de sociétés dont elle est actionnaire.

Par ailleurs, SNC-Lavalin devra consulter la CDPQ lorsque viendra le temps de nommer son prochain président du conseil d'administration. Étant donné que Lawrence Stevenson ne sollicitera pas de nouveau mandat à la présidence du conseil au terme de l'exercice, SNC-Lavalin devra faire part de son choix à son plus important actionnaire. 

«Que le candidat désigné vienne de l'interne ou de l'externe, on ne pourra pas décider qui deviendra président du conseil sans au moins passer un coup de fil à la Caisse», a précisé M. Paquin.


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