SNC-Lavalin: un agent d'infiltration a été utilisé pour coincer Sami Bebawi

Publié le 27/11/2019 à 16:38

SNC-Lavalin: un agent d'infiltration a été utilisé pour coincer Sami Bebawi

Publié le 27/11/2019 à 16:38

Par La Presse Canadienne

Un agent d’infiltration a été utilisé pour étoffer une offre de pot-de-vin de 10 millions $ faite à un témoin clé de la poursuite dans la cause d’un ancien dirigeant de SNC-Lavalin qui subit son procès pour fraude et corruption.

Sami Bebawi fait face à plusieurs chefs d’accusation qui découlent des liens entre le géant québécois de l’ingénierie et le régime libyen de Mouammar Khadafi. La présumée offre de pots-de-vin aurait été faite à un ancien subalterne de l’accusé, Riadh Ben Aissa, pour qu’il modifie son récit des événements.

L’agent d’infiltration, dont l’identité est visée par une ordonnance de non-publication, a déclaré mercredi au procès qu’il avait pris contact en octobre 2013 avec Constantine Kyres, un avocat montréalais qui représentait Sami Bebawi.

Cet agent d’infiltration, qui se faisait passer pour un consultant, a entamé des discussions avec M. Kyres pour payer M. Ben Aissa s’il consentait à modifier son récit concernant ses relations financières avec Sami Bebawi. Les jurés ont entendu mercredi des enregistrements de conservations téléphoniques entre le « consultant » et l’avocat Kyres.

M. Ben Aissa a déjà témoigné au procès, le 5 novembre, qu’il avait refusé une offre de a $, reçue par l’intermédiaire de ses avocats suisses, pour « corroborer la version de Sami Bebawi »; il a préféré alerter les autorités canadiennes de cette tentative de subornation de témoin.

Sami Bebawi, un ancien vice-président directeur de SNC-Lavalin aujourd’hui âgé de 73 ans, fait face à huit chefs d’accusation de fraude, de recyclage de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d’un agent public étranger. La Couronne allègue qu’il aurait empoché 26 millions $.

Au début du procès, le 1er novembre, Sami Bebawi a plaidé non coupable aux accusations, qui impliquent des contrats liés au dictateur Khadafi. Le procès a principalement porté sur les relations avec le fils de Khadafi, Saadi, dont les liens ont facilité la conduite des affaires de SNC-Lavalin dans ce pays. Le jeune Khadafi aurait notamment reçu en cadeau un yacht de luxe « personnalisé » de 25 millions $.

La Couronne a qualifié l’affaire de « fraude et corruption internationales », dans laquelle M. Bebawi tentait d’obtenir des contrats lucratifs. La poursuite affirme que l’accusé aurait reçu des millions de dollars à la suite de ces accords, qui ont débuté à la fin des années 1990.

L’accusation tente de prouver que SNC-Lavalin a transféré environ 113 millions $ dans des comptes de sociétés-écrans qui payaient des gens pour aider la firme d’ingénierie à collecter de l’argent et à décrocher des contrats. La Couronne allègue que ce qui restait dans ces comptes était ensuite partagé entre MM. Ben Aissa et Bebawi.

 

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