L’Ordre des ingénieurs au cœur d’une transition mouvementée

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Septembre 2016

L’Ordre des ingénieurs au cœur d’une transition mouvementée

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Édition du 17 Septembre 2016

[Photo : iStock]

Placé sous tutelle en juillet, l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) vit à son tour les affres connus par le milieu du génie au cours des quatre dernières années. Touché par des crises internes et montré du doigt pour n’avoir pas vu ou dénoncé les systèmes de corruption, l’OIQ a tangué durant plusieurs mois.

Jusqu’à ce que la ministre responsable de l’application des lois professionnelles, Stéphanie Vallée, mette à exécution la menace qui planait sur l’Ordre, en juillet. « Afin de permettre à l’Ordre des ingénieurs de reprendre ses lettres de noblesse, le gouvernement est d’avis qu’il est préférable de lui désigner des administrateurs pour accompagner le conseil d’administration dans le redressement durable de la situation et de la gouvernance de l’Ordre », a expliqué la ministre. Un ingénieur, une avocate et un CPA ont été nommés comme administrateurs.

La nouvelle est tombée quelques jours à peine après l’élection de Kathy Baig au poste de présidente de l’Ordre, qui compte près de 62 000 membres. « Sur le coup, j’étais déçue, car l’Ordre a fait des efforts ces deux dernières années pour améliorer les choses. Mais il faut tirer le meilleur de cette situation pour être plus crédible, plus pertinent et encore mieux protéger le public », affirme la présidente, qui avait fait campagne sur la nécessité pour les ingénieurs de « retrouver leur fierté ». Elle s’était notamment engagée à assurer une saine gestion de l’Ordre, en plus de revoir l’inspection professionnelle et de protéger les lanceurs d’alerte.

Remise en cause profonde

À la suite des scandales de corruption dévoilés par la commission Charbonneau et à ses recommandations, l’Ordre a revu sa structure de fond en comble. Dans le but d’améliorer sa gouvernance, il a notamment mis en place un code d’éthique pour ses administrateurs et un comité de développement professionnel (formation continue). La présidente est également la première à être à temps plein dans ce poste.

Puis, l’Ordre s’est lancé depuis deux ans dans le recentrage de ses activités vers sa mission première de protection du public. Par conséquent, l’OIQ a revu l’organisation du travail ainsi que son organigramme. L’optimisation est notamment passée par l’abolition de la direction de la stratégie et des projets et le regroupement de la direction des communications et des affaires publiques et la direction du développement professionnel, ce qui s’est traduit par des réductions d’effectifs. L’Ordre compte aujourd’hui 130 employés, par rapport à 146 en 2014.

Le recentrage passe également par deux principaux chantiers : la modernisation de l’inspection professionnelle et la modernisation de la Loi sur les ingénieurs.

« On souhaite revoir l’inspection professionnelle pour accroître le nombre d’inspections et afin qu’elles soient en mesure de détecter les problèmes éventuels », explique Kathy Baig, qui a fait partie du conseil d’administration de 2013 à 2016, où elle avait notamment été première vice-présidente, présidente du Comité du plan de transformation et présidente du Comité des finances et de vérification, mandat pendant lequel elle avait contribué à résorber un déficit de l’Ordre de 4,5 millions de dollars.

Tandis qu’une douzaine d’inspecteurs, qui étaient des travailleurs autonomes, visitaient les membres de l’Ordre sur le terrain encore tout récemment, une vingtaine d’inspecteurs employés à temps plein de l’Ordre et qui « seront des experts dans leur domaine de pratique professionnelle avec au moins de 10 ans de pratique » sont en cours d’embauche. Tandis qu’auparavant, le modèle visait plutôt la conformité et imposait des sanctions le cas échéant, « nous irons vers un modèle de détection, de prévention et d’accompagnement des membres afin qu’ils prennent conscience du niveau de leurs compétences ainsi que de l’importance du maintien et du développement de celles-ci », explique Kathy Baig. La présidente s’est également engagée à réduire le temps de traitement des dossiers au Syndic.

Autre chantier de taille : la modernisation de la Loi sur les ingénieurs. Datant de 1964, cette législation n’inclut pas « les génies émergents » comme le génie logiciel, biomédical, etc. « Nous voulons une loi plus inclusive afin de mieux protéger le public », indique Kathy Baig. Pour le moment, les professionnels de ces génies ne sont pas encadrés par l’Ordre à moins qu’ils fassent la démarche volontaire d’y adhérer afin d’avoir le titre d’ingénieur, ce qui n’est pas forcément utile dans leurs domaines d’activité. L’Office des professions travaille déjà sur ces changements.

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