Aéroport de Toulouse: la région oscille entre vigilance et colère

Publié le 05/12/2014 à 12:05

Aéroport de Toulouse: la région oscille entre vigilance et colère

Publié le 05/12/2014 à 12:05

Par AFP

[Photo : LesAffaires.com]

Les acteurs locaux oscillaient vendredi entre vigilance et colère après la cession contestée à un consortium chinois de près de la moitié de l'aéroport de Toulouse-Blagnac.

«L'État hypothèque l'avenir»: Jean-Louis Chauzy, président du conseil économique social et environnemental de Midi-Pyrénées (Ceser) ne décolère pas depuis l'annonce, jeudi soir, de la cession de 49,99% de la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB).

«La France vend ses parts à l'État chinois et donc au Parti communiste car ces sociétés sont détenues par l'État chinois. Le loup est dans la bergerie», affirme à l'AFP celui qui a pris depuis des mois la tête de la fronde anti-chinoise au nom du «patriotisme industriel européen».

Du côté de l'Association contre les nuisances aériennes, on parle de «catastrophe». «Les Chinois veulent doubler voire tripler le trafic (7,5 millions de passagers en 2013, ndlr). Ce n'est pas envisageable dans un aéroport qui est déjà le plus enclavé de France (...) on brade la santé des gens", a accusé Chantal Demander, sa présidente, en annonçant «des actions» à venir.

Vendredi, le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, a une nouvelle fois souligné que l'État restait «propriétaire des pistes et des bâtiments». «L'État régule toutes les lignes qui pourraient être ouvertes. Les collectivités locales gardent évidemment toute latitude sur le terrain et autres. C’est juste la société de gestion dont nous cédons une partie minoritaire. Les collectivités publiques restent majoritaires», a-t-il déclaré en marge d'un congrès, à Paris.

La vente d'ATB avait suscité une levée de boucliers mais les responsables locaux étaient vendredi résignés, au nom de la realpolitik, sans toutefois baisser la garde.

La cession de 49,99% d'ATB permet aux collectivités publiques de rester potentiellement majoritaires, avec 50,01%: 10,01% à l'État, 25% à la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse (CCIT) et 5% chacun à l'agglomération Toulouse métropole, au département de Haute-Garonne et à la Région Midi-Pyrénées.

L'appel d'offres, lancé en juillet pour les 49,99% d'ATB, prévoyait de plus une option de vente pour les 10,01% restant des 60% que détient actuellement le public.

Cette option cristallisait l'opposition locale à la cession à des étrangers du quatrième aéroport de France, jugé stratégique.

Mais Emmanuel Macron a assuré que «le gouvernement n'avait pas aujourd'hui l'intention d'exercer» cette option.

«Nous resterons vigilants pour que l'État conserve les 10,01%», prévient le maire UMP de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

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