Les banques canadiennes, temples des dividendes

Publié le 26/12/2016 à 17:38

Les banques canadiennes, temples des dividendes

Publié le 26/12/2016 à 17:38

Par François Remy

Pour les investisseurs en quête de dividendes croissants offerts par des entreprises avec un excellent historique en la matière, rien de tel que le secteur bancaire canadien, avance-t-on sur le site participatif d’analyse financière Seeking Alpha.


Ou plutôt les «Big Five» comme on dit dans le milieu: la Banque Royale du Canada (Tor., RY), la Banque Toronto-Dominion (Tor., TD), la Banque Scotia (Tor., BNS), la Banque de Montréal (Tor., BMO) et la Banque canadienne impériale de commerce (Tor., CM).


Le plaidoyer pour le moins flatteur de l'internaute «Cash-centered Creep» s'articule autour de 3 arguments: l'ancienneté de la pratique, l'hermétisme du marché bancaire canadien et la valorisation actuelle des titres du secteur.


D’emblée, on peut remonter jusqu’au début du 19è siècle pour retrouver les premiers versements de coupons. BMO a commencé les paiements en 1829, suivie peu après par la BNS et les autres. Avec ce point commun: depuis, elles n’ont jamais interrompu les paiements, souligne le membre de Seeking Alpha.


C’est à se demander quelle a été leur recette pour alimenter pendant près de 200 ans l’appétit des actionnaires. Selon le site spécialisé, les grandes enseignes doivent cette durabilité à la forme d’oligopole qu’a pris le marché bancaire canadien.


«Ces cinq banques contrôlent à peu près 90% des actifs financiers au Canada», note l’auteur du billet. Et comme le secteur est strictement réglementé, poursuit-il, «cela met de grosses barrières à l’entrée pour d’éventuels concurrents et garantit la dominance des Big Five.»


Ce point de vue expliquerait également l’expansion de ces institutions au-delà de nos frontières, notamment aux États-Unis. Cette masse critique favoriserait les volumes et la qualité des prêts, mais encouragerait aussi les clients à rester dans une même banque sur le plus long terme.


En plus, les valorisations se montrent assez attrayantes, estime l’auteur, quand on met en perspectives leurs capitalisations boursières, le poids total de leurs actifs, leur endettement et leur rendement du dividende situé entre 3,31% pour la TD et 4,55% pour la CIBC.


En synthèse, si cela ne constitue évidemment pas un conseil de placement, l'intervenant sur Seeking Alpha laisse entendre que les actionnaires des banques canadiennes devraient encore être récompensés durant les prochaines années.


Pourtant, après la solide année écoulée, les actions BNS, CM et autres risquent d'enregistrer une moins bonne performance en 2017. La vulnérabilité financière de certains ménages persistant, la croissance économique du pays devant ralentir, les activités bancaires canadiennes pourraient s'essouffler.


Les experts récemment consultés par Les Affaires ne semblent toutefois pas s'inquiéter tant qu’il n’y a pas de crise immobilière au Canada par exemple. Et même si les locomotives se montreront moins puissantes pour le TSX, la bourse canadienne restant notamment rythmée par les valeurs financières, les alternatives de placement manquent.



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