Les banques canadiennes accablées par la réglementation, selon Ernst and Young

Publié le 04/11/2014 à 11:53

Les banques canadiennes accablées par la réglementation, selon Ernst and Young

Publié le 04/11/2014 à 11:53

Les changements de réglementation, combinés avec d'autres risques, exercent une pression accrue sur les modèles d'affaires traditionnels, et les banques canadiennes ne sont pas à l'abri, selon un sondage d’Ernst and Young (EY).

Selon le rapport intitulé, « Shifting focus : Risk culture at the forefront of banking », 56 % des banques interrogées ont dit que l'atteinte d'un équilibre entre une culture axée sur les ventes et la gestion des risques à l'échelle de leur société constitue un obstacle de taille au renforcement de la culture du risque en général.

« Les banques canadiennes se trouvent en première ligne des efforts de l'ensemble du secteur à gérer plus efficacement la culture des risques. Pourtant, déplacer au guichet la responsabilité en matière de risque et veiller à ce que les contrôles soient en place et efficaces constituent des enjeux permanents », dit Michel Bergeron, leader du secteur des services financiers de Montréal chez EY.

De nombreuses banques sondées croient cependant que les outils entourant les responsabilités et la transparence ne sont pas suffisants pour authentifier la responsabilité du guichet vis-à-vis du risque.

« Pour que le guichet s'approprie les risques et se sente responsable du processus entier, cela requiert des changements à la culture, aux systèmes et aux structures, explique Michel Bergeron. Le juste équilibre entre une culture des ventes et une culture des risques demeure difficile à établir, surtout quand les investisseurs ne sont pas prêts à accepter des rendements de capitaux propres plus faibles. »

Mettre les bouchées doubles

Selon le sondage, 82 % des banques dans le monde ont réduit l'objectif fixé pour le rendement des capitaux propres, et ce, avant la crise, et plus de la moitié continuent à le réduire depuis l'an dernier.

De plus, 58 % des banques rapportent qu'elles éprouvent de la difficulté à mettre en oeuvre la prise de risque de toute l'entreprise dans les activités et 70 % d'entre elles se débattent toujours pour lier les décisions d'affaires à la prise de risque.

« À la sortie de la crise financière, les banques canadiennes étaient un exemple de saine culture des risques, dit Michel Bergeron. Mais les banques ici ne peuvent s'offrir de se reposer sur leurs lauriers. Le renforcement de la culture des risques est un processus continu qui est essentiel pour rendre efficace la prise de risque dans son ensemble. »

Le sondage d'EY de 2014 sur la gestion des risques des grandes institutions financières a été réalisé en collaboration avec l'association des grandes banques et institutions financières mondiales, l'IFF (Institute of International Finance). Il s'est déroulé de janvier à avril 2014 et a misé sur la participation de 53 sociétés membres de l'IIF dans 27 pays.

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