Le dealmaker

Publié le 01/02/1999 à 15:57, mis à jour le 02/04/2012 à 15:58

Le dealmaker

Publié le 01/02/1999 à 15:57, mis à jour le 02/04/2012 à 15:58

Par René Vézina

Les ambitions de Merrill Lynch

Aujourd'hui, Guy Savard se retrouve sur le siège du conducteur. Merrill Lynch est le plus gros courtier de la planète, un géant mondial avec des ramifications dans 43 pays. Son équipe au Canada compte maintenant 1 300 représentants qui desservent 600 000 clients canadiens grâce à 121 succursales. Au Québec, ses effectifs totaux atteignent maintenant 500 personnes.

Est-ce que la montée en force de Guy Savard fait frémir? «Il est toujours délicat de statuer sur la concurrence», dit Pierre Brunet, le président de Lévesque Beaubien Geoffrion. «N'allez pas croire que nous avons le champ libre. La compétition a toujours été forte. Nesbitt Burns, Valeurs mobilières et les autres ne sont pas des manchots. Il est certain que Merrill Lynch ne débarque pas les mains vides, et ils ont été assez avisés pour choisir un homme compétent. On verra bien.» Chez LBG, la course à la succession de Pierre Brunet demeure ouverte, au moment où la firme vient de perdre deux vice-présidents exécutifs en quelques mois. Cette léthargie pourrait-elle avantager les concurrents? D'autres rappellent que Merrill Lynch avait rapidement lancé la serviette lors de sa première tentative canadienne, abandonnant après la récession des années 80 pour ne conserver qu'un petit bureau corporatif. Ses affaires au Canada ne représentent de toute façon qu'à peine 1% de ses revenus mondiaux, qui se chiffrent à 35 milliards de dollars américains. Ce nouveau débarquement sera-t-il le bon?

Guy Savard, lui, se sent comme un poisson dans l'eau. Il brasse de grosses affaires, tire des ficelles et peaufine ses relations. Son réseau à lui compte cinq personnes: deux fils dans la vingtaine, deux adolescentes et une femme dont il se dit chanceux qu'elle soit aussi compréhensive, car le travail le retient souvent tard au bureau. Le temps qu'il lui reste, il le consacre, entre autres, à la présidence de campagnes de financement qui profitent à une dizaine d'organismes sans but lucratif, de la Société d'arthrite de l'Estrie à l'Opération Enfant Soleil. Il est également le président fondateur de la Fondation du Musée des Beaux-Arts de Montréal, mise sur pied en 1994 à la grande satisfaction du président du musée, Bernard Lamarre. «Le musée prépare une importante campagne de financement, et vous allez voir que Guy Savard a su convaincre des personnalités éminentes d'en être les coprésidents.» «Nous avons perdu l'exposition Barnes au profit de Toronto parce que le musée n'avait pas d'argent. Une grande ville a besoin d'un grand musée», dit Guy Savard. Bernard Lamarre a déjà hâte de voir les résultats. «En passant, avez-vous noté que ce sont toujours les gens les plus occupés, comme lui, qui prennent le temps de s'occuper de causes importantes?»

«La meilleure image qui me vienne à l'esprit pour décrire votre bâtisseur, dit François Beaudoin, c'est celle d'un pianiste qui devient chef d'un orchestre symphonique. C'est le cheminement qu'a suivi Guy Savard. De grand comptable, il est passé au rang de grand financier. Et son influence n'a pas fini de s'étendre.»

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Texte publié dans le magazine Commerce en février 1999.

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