Le dealmaker

Publié le 01/02/1999 à 15:57, mis à jour le 02/04/2012 à 15:58

Le dealmaker

Publié le 01/02/1999 à 15:57, mis à jour le 02/04/2012 à 15:58

Par René Vézina

Des Cantons de l'Est à la politique

Guy Savard est né à Coaticook. Il se rappelle une enfance de liberté totale, des excursions acrobatiques dans les gorges de la rivière, et un goût pour la nature qui lui revient chaque fois qu'il a une chance de s'évader du bureau. Encore aujourd'hui, il possède avec quelques amis une île, Province Island, sur le lac Memphrémagog, qui leur sert de réserve de chasse privée.

«Nous n'étions ni riches ni pauvres. Mon père était commis dans une quincaillerie et pourvoyait bien aux besoins de la famille», raconte-t-il. Guy Savard a tout juste dix ans quand le malheur frappe. Son père perd son emploi. Les perspectives deviennent sombres. Pour conjurer le mauvais sort, sa mère décide alors que la famille doit entreprendre une neuvaine. Le quatrième jour, le vent tourne quasi miraculeusement: son père est engagé comme voyageur de commerce pour une entreprise de peinture et double, sinon triple, le salaire qu'il recevait auparavant. Non seulement la vie peut reprendre son cours, mais le jeune Guy sera dorénavant en mesure de poursuivre ses études jusqu'à l'université. «De cette expérience, j'ai gardé le réflexe de ne pas trop m'en faire, sur le coup, lorsque surviennent des événements négatifs, qui peuvent finir par se révéler positifs.» Cette attitude lui vaudra, par exemple, de rebondir rapidement après sa mise à l'écart de la Caisse de dépôt et placement.

Vient le temps des études supérieures. Frondeur, Guy Savard décide en 1961 de s'inscrire à l'Université St. Francis-Xavier, en Nouvelle-Écosse. «J'étais déjà nationaliste, membre de l'Alliance Laurentienne (ancêtre du RIN), mais je me disais qu'il ne sert à rien de critiquer les autres si on ne va pas voir à quoi ils ressemblent.» Il est le seul francophone sur le campus, se fait élire au conseil étudiant, et prononce son premier discours en français «parce que le Canada est un pays officiellement bilingue». Il part deux ans plus tard pour terminer à Laval son baccalauréat en commerce, qui sera immédiatement suivi d'une maîtrise en sciences comptables et d'une autre en sciences commerciales.

Guy Savard est jeune, diplômé et bilingue. Le monde s'offre à lui. «Je suis arrivé juste au bon moment. La compétition était faible. Parce que je parlais français, je suis devenu le comptable recrue le mieux payé chez Touche Ross, à Montréal. Les grandes firmes voyaient qu'il leur fallait recruter des francophones, et ils étaient rares.» Il décide ensuite de créer son propre bureau à Sherbrooke, sous la raison sociale Larochelle, Savard, Gosselin Gobeil et associés. Gobeil, comme dans Paul Gobeil, qui deviendra plus tard ministre sous Robert Bourassa.

En 1970, l'Institut canadien des comptables agréés met sur pied un comité d'études sur la profession. Trois membres sont du Québec, dont Guy Savard. «J'en ai retenu que les bureaux québécois ne pesaient pas lourd face au Big 8 canadien, comme on appelait les grandes firmes, et qu'ils devaient absolument former de grands ensembles pour occuper l'espace. La fiscalité devenait plus délicate, les entrepreneurs commençaient à se développer, il ne fallait pas laisser tout le champ aux anglophones.» C'est alors l'époque des fusions. Guy Savard convainc ses partenaires de faire équipe avec Samson Bélair, dont la progression par acquisitions servira de modèle au Québec. «J'en suis très fier. Nous avons contribué à changer la société. Les experts francophones ont pu servir leur monde, des PME ont eu accès à des services de qualité et plusieurs sont devenues de grandes entreprises.»

Guy Savard n'a rien perdu de son penchant pour la politique. Durant son séjour de deux ans à la Commission politique du Parti Libéral du Québec, il apprend à connaître et à apprécier Robert Bourassa. «J'étais un de ses proches lorsqu'il est parti en exil après avoir perdu face au PQ, en 1976.» Quand il refera surface, au début des années 80, Guy Savard sera de nouveau à ses cotés. Il s'en est souvenu quand est venu le temps de nommer un président à la Caisse. «Lorsqu'il m'a téléphoné pour m'en parler, en 1990, je lui ai demandé: «Mais pourquoi moi?» Il m'a répondu: «Parce que j'ai confiance.» J'ai un peu hésité. En fait, je gagnais plus d'argent comme vice-président national chez Raymond Chabot Martin Paré. Mais le défi était trop tentant.»

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