La volatilité des marchés pèse sur la performance des grandes banques

Publié le 20/02/2019 à 10:46

La volatilité des marchés pèse sur la performance des grandes banques

Publié le 20/02/2019 à 10:46

Par La Presse Canadienne
L'édifice de la Banque Royale du Canada à Montréal

(Poto: Roméo Mocafico)

Les plus grandes banques du Canada sont sur le point de dévoiler leurs résultats pour ce qui est traditionnellement leur trimestre le plus robuste, mais la volatilité des marchés et le ralentissement de la croissance des prêts hypothécaires au cours de la période pourraient peser sur leur performance.


Les marchés nord-américains ont été malmenés à la fin de 2018, notamment en raison de la querelle commerciale entre la Chine et les États-Unis et de la paralysie partielle du gouvernement américain, ce qui pourrait potentiellement faire mal aux bénéfices des banques.


« Avec les marchés qui ont chuté pendant la majeure partie de l’automne et qui se sont redressés pendant la majeure partie de l’hiver jusqu’à maintenant (...) Tout, des frais de fonds communs de placement aux revenus de souscription, aura probablement diminué », a prévenu l’analyste de la Banque CIBC, Robert Sedran, dans une note envoyée à ses clients.


La Banque Royale du Canada deviendra vendredi le premier prêteur à communiquer ses résultats pour la période de trois mois terminée le 31 janvier. La Banque de Montréal et la Banque Scotia suivront le 26 février, la Banque Nationale le 27, puis la Banque TD et la Banque CIBC le 28.


Au cours de la téléconférence sur les résultats du trimestre précédent, les prêteurs avaient exprimé leur optimisme pour le prochain exercice, mais certains avaient averti que la mauvaise performance du marché boursier pourrait exercer une pression à la baisse.


« Nous prévoyons une certaine faiblesse d’une année à l’autre de nos activités de gestion de patrimoine et de gros, compte tenu de la volatilité récente des marchés (...) Cependant, nos ventes nettes supérieures à la moyenne et notre solide portefeuille de banques d’investissement nous positionneront favorablement pour la croissance tout au long de l’année », a déclaré le directeur financier de RBC, Rod Bolger, lors d’une téléconférence avec des analystes fin novembre.


L’inquiétude des investisseurs concernant les bénéfices que tirent les banques du marché est exagérée, croit l’analyste Meny Grauman de Cormark Securities, compte tenu du redressement boursier en janvier.


« En réalité, les revenus liés au marché ont probablement mieux résisté que ne le craignaient la plupart des investisseurs, en particulier dans le secteur de la gestion de patrimoine, où le calendrier fiscal des banques canadiennes aurait dû aider puisque les chiffres du premier trimestre auront profité de la solide relance boursière en janvier », a-t-il expliqué dans une note à ses clients.


John Aiken, un analyste chez Barclays à Toronto, a expliqué que le premier trimestre était historiquement la période la plus solide en termes de revenus de marché et de produits d’échange pour les banques. Au cours des neuf dernières années, les revenus des marchés des capitaux des banques canadiennes ont augmenté au premier trimestre, soit une hausse moyenne de 15 % par rapport au trimestre précédent, a-t-il ajouté.


Alors que l’environnement macroéconomique devient de plus en plus difficile, les banques devraient continuer à bénéficier des cinq relèvements de taux d’intérêt de la banque centrale depuis juillet 2017, a ajouté M. Aiken dans sa note aux clients.


Ces hausses ont augmenté les marges d’intérêt nettes des banques, ce qui représente la différence entre l’argent qu’elles gagnent sur les prêts qu’elles ont contractés et ce qu’elles versent aux épargnants.


« Nous prévoyons que les (marges nettes sur les intérêts) resteront une histoire positive pendant une grande partie de 2019, a déclaré M. Aiken. Cela étant dit, le ralentissement du crédit hypothécaire et aux ménages se poursuit, avec une croissance annuelle de 3,1 % du crédit hypothécaire résidentiel en décembre, ce qui représente le taux le plus faible depuis mai 2001 et environ la moitié du taux de croissance enregistré il y a deux ans. »


Les ventes de maisons résidentielles au Canada en janvier ont été les plus faibles depuis 2015, en baisse de 4 % par rapport à l’année précédente, selon l’Association canadienne de l’immobilier. En décembre, les ventes de logements ont reculé pour le quatrième mois consécutif, ajoutant un point d’exclamation final aux ventes annuelles les plus faibles depuis 2012.


L’ACI a attribué cette baisse en décembre à une ruée d’acheteurs qui, à la fin de 2017, ont décidé de bloquer leurs prêts avant qu’un nouveau test de résistance pour les prêts hypothécaires non assurés ne prenne effet le 1er janvier 2018.


À leur tour, les banques canadiennes ont également assisté à une forte augmentation des prêts hypothécaires au cours du premier trimestre financier il y a un an, ce qui a placé la barre haute pour la comparaison des résultats trimestriels de cette année.

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