L'éventail de mesures possibles est restreint pour Washington

Publié le 10/10/2008 à 00:00

L'éventail de mesures possibles est restreint pour Washington

Publié le 10/10/2008 à 00:00

Par La Presse Canadienne
Le plan Paulson, adopté le 3 octobre, n'a pas suffi à rassurer les marchés américains et mondiaux ni la baisse coordonnée des taux d'intérêt de six banques centrales d'Europe et d'Amérique du nord mercredi.

Le gouvernement américain a encore d'autres options à sa disposition, comme racheter les maisons des emprunteurs défaillants victimes des crédits hypothécaires à risques (subprimes) ou accorder des prêts directs à des propriétaires. Ce qui pourrait atténuer les crises du crédit et du logement.

Reste que les solutions envisageables impliquent généralement la reprise partielle par l'Etat d'entreprises privées, une approche loin de faire l'unanimité au pays du capitalisme roi.

Pour le moment, les autorités appellent à la patience en attendant que les mesures déjà prises produisent des effets, mais continuent dans le même temps à chercher d'autres remèdes. "Tant que les conditions financières le justifient, nous allons continuer à chercher des moyens de réduire les pressions financières sur les marchés", a déclaré le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke.

De nombreuses réformes ont déjà été entreprises, mais il faut faire davantage, estime dans un rapport publié vendredi le Groupe de travail du président Bush sur les marchés financiers, qui inclut Ben Bernanke et le secrétaire au Trésor Henry Paulson.

L'arme de la baisse des taux directeurs de la Fed a déjà été largement utilisée. Le principal taux de la banque centrale américaine a été ramené à 1,5% avec la baisse d'un demi-point intervenue cette semaine. La marge de manoeuvre de la Réserve fédérale sur ce levier est donc désormais réduite.

La Fed pourrait aussi continuer à injecter de l'argent frais dans le système financier, où elle a déjà déversé des centaines de milliards de dollars. Elle doit toutefois agir avec précaution, une action vigoureuse de la banque centrale pouvant être interprétée par les investisseurs comme le signe que la situation est peut-être plus grave qu'ils ne le croyaient, ce qui pourrait contribuer à la chute des marchés.

Selon Henry Paulson, la rachat des actifs "toxiques" des banques et d'autres institutions financières dans le cadre du plan de sauvetage de 700 milliards de dollars ne devrait pas commencer avant plusieurs semaines. L'administration Bush envisagerait également d'utiliser ce fonds d'intervention exceptionnel pour devenir partiellement propriétaire de certaines banques.

Toutefois, de nombreux économistes estiment que les actions menées jusqu'ici ont peu d'effets sur un problème essentiel: la crise immobilière liée aux subprimes.

L'ancien conseiller à la Maison Blanche Glenn Hubbard propose que le gouvernement refinance tous les crédits immobiliers détenus par les géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac en prêts sur 30 ans au taux fixe de 5,25%.

Il suggère également de mettre en place une structure similaire à la Resolution Trust Corp (RTC), chargée de reprendre les actifs des caisses d'épargne en faillite à la fin des années 80 et au début des années 90. Il avait fallu six ans pour assainir le secteur avec ce dispositif, le coût total de l'opération pour le contribuable s'élevant à 125 milliards de dollars.

L'économiste Rob Shapiro, ancien conseiller économique de l'administration de Bill Clinton, avance une autre piste: des prêts directs du gouvernement aux propriétaires défaillants dont la maison risque d'être saisie.

Le candidat républicain à la présidentielle John McCain a proposé un programme de 300 milliards de dollars (222 milliards d'euros) visant à aider les propriétaires en difficulté à garder leur logement en permettant au gouvernement de racheter leurs prêts. Un plan jugé peu crédible par ses détracteurs qui évoquent des problèmes techniques de mise en oeuvre. De son côté, le démocrate Barack Obama appelle le gouvernement à agir rapidement pour "utiliser les pouvoirs dont il dispose déjà pour acheter les mauvais actifs, y compris les crédits hypothécaires".

Le président de la Banque mondiale, l'Américain Robert Zoellick, recommande pour sa part une plus grande coordination internationale. Il propose, pour commencer, un élargissement du groupe des sept pays les plus industrialisés (G7) -Etats-Unis, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie et Canada-, à des puissances émergentes comme la Chine, l'Inde ou encore le Brésil.

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