Desjardins n'exclut pas d'autres abolitions de postes

Publié le 06/02/2017 à 15:52

Desjardins n'exclut pas d'autres abolitions de postes

Publié le 06/02/2017 à 15:52

Par Stéphane Rolland

Photo: Charles Desgroseilliers

Desjardins n’exclut pas de licencier des employés pour s’adapter aux changements de l’industrie bancaire, mais les quelque 5000 employés qui prennent leur retraite chaque année lui donne «beaucoup de marge de manoeuvre» pour réduire ses coûts par attrition avant de considérer cette avenue, a dit Guy Cormier, PDG du Mouvement Desjardins, en entrevue avec Les Affaires lundi, en marge d’un colloque organisé par l’organisme Place aux jeunes en région (PAJR) dans le cadre de la Semaine des régions.

«Nous avons des occasions d’être plus performants dans certains secteurs, si ces occasions amènent la nécessité de réduire nos effectifs, on va prendre le temps de les regarder», répond-il. Par année, on parle de 4000 à 5000 départs à la retraite. Pour nous, c’est une chance. Avant de faire des mises à pied, nous allons nous demander si on doit remplacer ces départs à la retraite.»

Le Mouvement Desjardins cherche des avenues pour réduire ses coûts. L'effort doit être réalisé dans les six premiers mois de l’année. Cette démarche est toutefois un processus continu pour «toute entreprise gérée rigoureusement», nuance M. Cormier.

Desjardins a déjà procédé à une centaine d’abolitions de postes de direction l’été dernier. Ces licenciements sont modestes par rapport aux 300 postes abolis par la Banque Laurentienne et les 600 emplois à la Banque Nationale annoncés l’automne dernier. Le Mouvement Desjardins compte 40000 employés.

Guy Cormier, pdg du Mouvement Desjardins. Photo: Normand Huberdeau

Ces abolitions de postes s’expliquent entre autres par la migration de la clientèle vers les transactions en ligne, explique M. Cormier. Les succursales sont moins achalandées que par le passé. Desjardins ne fait que s’adapter aux besoins de ses clients et de ses membres, explique-t-il. «La réalité, c’est que près de 90% des transactions sont faites sur un téléphone mobile, sur un guichet automatique ou sur Internet.»

Un réinvestissement dans la communauté

Même s’il s’agit d’une décision difficile, ces économies permettent de financer des mesures de développement social et économique, défend toutefois M. Cormier.

L’automne dernier Desjardins a annoncé la création d’un fonds de 100M$ sur trois ans pour financer le développement socioéconomique dans les régions. «Ce 100 M$, il existe parce que Desjardins a été capable de réduire ses coûts de 100 M$. Il peut maintenant les remettre à la communauté.»

En ce moment, des intervenants locaux sont en train de monter des plans d’affaires. Parmi les projets évoqués, il y a la possibilité de payer la taxe de Bienvenue des nouveaux résidents qui choisissent de s’établir dans la région, raconte M. Cormier. Ailleurs, on met de l’avant des programmes de transports collectifs adaptés et écologiques. «On pense que d’ici deux à trois mois, il y aura des projets concrets qui vont être sur la table», prédit le PDG.


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