Opiacés: entente à l'amiable signée par les pharmaceutiques et l'État

Publié le 21/10/2019 à 09:21, mis à jour le 21/10/2019 à 11:53

Opiacés: entente à l'amiable signée par les pharmaceutiques et l'État

Publié le 21/10/2019 à 09:21, mis à jour le 21/10/2019 à 11:53

Par AFP
Des fioles d'opiacés

(Photo: 123RF)

Quatre sociétés pharmaceutiques ont trouvé lundi un accord à l’amiable leur permettant d’éviter un procès fédéral inédit sur la crise des opiacés qui ravage les États-Unis, en attendant un accord plus large qui pourrait se chiffrer en dizaines de milliards de dollars pour l’industrie.

Les avocats des centaines de collectivités locales qui poursuivent en justice laboratoires et distributeurs de médicaments antidouleur aux opiacés ont confirmé lundi matin qu’un accord avait été trouvé entre les distributeurs Cardinal Health, McKesson, AmerisourceBergen et le laboratoire israélien Teva, d’une part, et deux comtés de l’Ohio, dont les plaintes devaient être examinées en premier dans le cadre d’un procès-test, d’autre part.

Cet accord prévoit le versement de quelque 215 millions de dollars par ces grands distributeurs et quelque 45 millions apportés par Teva, qui fabrique des médicaments opiacés génériques, sous forme d’argent et de médicaments utilisés dans le traitement des dépendances, selon le Wall Street Journal.

« Je veux remercier les avocats. Cela aurait été un procès très, très intéressant à présider », a déclaré le juge Dan Polster au tribunal fédéral de Cleveland, qui avait poussé plaignants et accusés à trouver un accord négocié permettant d’éviter des mois de procès. 

« L’accord proposé permettra des progrès importants pour endiguer la crise en apportant des ressources aux programmes de traitement des dépendances aux opiacés », ont déclaré les avocats des comtés dans un communiqué.

« Pas de solution globale »

Ce procès, qui devait s’ouvrir lundi matin, aurait été le premier procès fédéral à examiner les responsabilités de l’industrie pharmaceutique dans cette crise qui a fait plus de 400 000 morts par overdose depuis 20 ans, selon les chiffres des Centres américains de prévention des maladies (CDC).

Laboratoires et distributeurs sont accusés d’avoir, à partir de la fin des années 90, fait la promotion agressive d’antidouleurs aux opiacés comme l’oxycodone alors même qu’ils connaissaient leur puissance addictive. 

Ils sont aussi accusés d’avoir ignoré les signaux d’alarme qui montraient leur utilisation abusive et leur revente sur le marché des drogues illégales, afin profiter de ce juteux marché.

Si le procès n’aura donc pas lieu — il ne reste plus qu’un accusé face aux deux comtés, la chaîne de pharmacies Walgreens, dont le procès a été reporté — les avocats des plaignants ont souligné qu’« il ne s’agi[ssai]t pas d’une solution globale ».

Il reste en effet à trouver un accord plus large pour solder l’ensemble des plaintes — quelque 2 700 avec des collectivités locales en tous genres y compris la quasi-totalité des États américains. 

Il pourrait se chiffrer en dizaines de milliards de dollars, potentiellement le plus important accord négocié depuis l’accord trouvé avec les grands cigarettiers américains en 1998 : ces derniers avaient alors accepté de payer plus de 200 milliards de dollars après avoir été accusés d’avoir minimisé pendant des décennies les dangers du tabac.

Dans la crise des opiacés, les montants payés par l’industrie doivent permettre d’aider villes, comtés et États américains à faire face aux coûts de cette crise de santé publique, estimés par les CDC à quelque 78,5 milliards de dollars par an pour couvrir frais de santé, productivité perdue et coûts pour le système pénal.

Selon des sources citées par des médias américains, un accord plus large pourrait être annoncé dans la journée.

Les dernières informations faisaient état d’un possible accord global d’un montant de quelque 50 milliards de dollars, qui solderait définitivement les plaintes contre les laboratoires Johnson & Johnson et Teva, ainsi que celles contre les distributeurs AmerisourceBergen, McKesson et Cardinal Health, responsables de la distribution de 90 % des médicaments américains.

Le laboratoire Purdue, fabriquant du célèbre opiacé OxyContin, a vu les plaintes contre lui suspendues depuis qu’il s’est placé en septembre sous la protection de la loi sur les faillites, proposant de payer entre 10 et 12 milliards de dollars pour solder les plaintes à son encontre.

Plusieurs laboratoires dont Purdue et Teva ont cependant proposé des paiements étalés sur des années, réglés en partie non en espèces mais en médicaments, poussant les procureurs d’une vingtaine d’États à rejeter leurs offres jusqu’ici.

La procureure de l’État de New York, particulièrement combative sur ce dossier, a notamment jugé cette proposition insuffisante au regard des « ravages infligés au peuple américain ».


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