Merck en quête de proies pour accélérer sa croissance

Publié le 25/10/2016 à 15:11

Merck en quête de proies pour accélérer sa croissance

Publié le 25/10/2016 à 15:11

Par AFP

(Photo: Bloomberg)

Le laboratoire pharmaceutique Merck est en quête de proies pour accélérer sa croissance et contrer l'expiration de ses brevets, entrant à son tour dans la course à la taille qui anime la pharmacie et les biotechnologies depuis deux ans.


«Notre appétit pour développer la société (via des acquisitions) n'a pas encore changé. Nous cherchons les meilleures opportunités», a déclaré mardi lors d'une conférence téléphonique le PDG Kenneth Frazier.


Le fabricant de l'antidiabétique Januvia planche sur différentes hypothèses. Il pourrait opter pour une grosse acquisition pure et simple d'un concurrent ou faire le choix de nouer des partenariats, a énuméré M. Frazier.


Une seule chose est sûre: Merck, connu hors des États-Unis et Canada sous le sigle MSD, veut mettre la main sur une entreprise qui lui permet de doper son portefeuille de médicaments et de grossir son pipeline de traitements en développement. Le prix n'est pas à proprement parler, selon Kenneth Frazier, le premier critère.


Les spéculations ont prêté récemment à Merck l'intention de s'intéresser à la société de biotechnologies américaine Biogen. Les deux groupes auraient engagé des discussions qui seraient encore à un stade préliminaire.


Biogen, qui était valorisée plus de 63 milliards de dollars en Bourse mardi, dispose d'un portefeuille de traitements en développement contre les maladies rares. Elle est notamment propriétaire du Tecfidera, un médicament contre la sclérose en plaque dont les ventes dépassent les milliards de dollars.


Anti-cancéreux en vedette


Une telle fusion permettrait à Merck de s'assurer des débouchés face à l'expiration prochaine de ses brevets et relancerait par la même occasion les grandes manoeuvres ayant secoué en 2014 et 2015 le secteur de la pharmacie. Celles-ci se sont calmées après l'offensive du gouvernement américain contre la fusion avortée à 160 milliards de dollars entre Pfizer et Allergan.


En attendant, le numéro deux américain de la pharmacie peut compter sur la montée en puissance du Keytruda, son traitement anti-cancéreux par immunothérapie dont les indications ne font que s'allonger.


Après voir été approuvé aux États-Unis contre le mélanome avancé, le Keytruda est désormais autorisé dans le traitement des patients atteints du cancer des poumons et du cancer de la gorge, avance Merck. 


Annoncé comme un futur blockbuster, médicament dont les ventes dépassent le milliard de dollars par an, le Keytruda a vu ses ventes flamber de 124% au troisième trimestre à 356 millions de dollars. 


«Ce n'est que le début», s'est réjoui mardi Kenneth Frazier, qui promet également une mise sur le marché au Japon et une hausse de la production destinée au marché européen. 


Forts de tous ces signaux positifs, Merck a relevé mardi ses objectifs annuels: il vise désormais des revenus annuels compris dans une fourchette de 39,7 à 40,2 milliards de dollars, contre de 39,1 à 40,1 milliards auparavant.


Le bénéfice par action ajusté 2016 devrait, lui, être compris entre 3,71 et 3,78 dollars, contre de 3,67 à 3,77 dollars précédemment.


Le Keytruda, au même titre que des molécules formant la nouvelle classe de traitements basés sur l'immunothérapie, a pour objectif de soigner le cancer en renforçant le système immunitaire. L'immunothérapie consiste en effet à stimuler les défenses naturelles de l'organisme pour qu'elles luttent contre les cellules tumorales.


Autre créneau de croissance: les vaccins, notamment le Gardasil prescrit pour la prévention du cancer de l'utérus a vu ses ventes bondir de 38% à 860 millions de dollars.


L'antidiabétique Januvia, «blockbuster» de Merck, a généré un chiffre d'affaires de 1,55 milliard de dollars, en petite baisse de 1%. Il devrait face bientôt à la concurrence de Jardiance, du laboratoire Eli Lilly, actuellement en phase d'autorisation pour être commercialisé.


Les revenus du traitement Remicade contre la polyarthrite rhumatoïde ont poursuivi leur chute (-30% à 311 millions de dollars). 


À Wall Street, l'action Merck prenait 0,94% à 61,69 dollars en milieu d'après-midi.


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