Le Nouveau-Brunswick veut privatiser la vente de cannabis

Publié le 15/11/2019 à 06:42

Le Nouveau-Brunswick veut privatiser la vente de cannabis

Publié le 15/11/2019 à 06:42

Par La Presse Canadienne

Invoquant d'importantes pertes financières et une réglementation fédérale trop restrictive, le gouvernement conservateur du Nouveau-Brunswick lance un appel de propositions pour la privatisation de la société d'État Cannabis NB.

Le ministre des Finances, Ernie Steeves, a expliqué jeudi qu'après une analyse minutieuse, son gouvernement avait conclu que «l'approche la plus favorable pour les contribuables et le gouvernement du Nouveau-Brunswick» consistait à se tourner vers le secteur privé pour la distribution et la vente de cannabis récréatif dans la province.

On ne sait pas ce qu'il adviendrait des quelque 200 employés de Cannabis NB si la société d'État était privatisée; le ministre Steeves a rappelé que ces employés sont déjà bien formés et qu'ils seraient sûrement très attrayants pour l'éventuel nouveau propriétaire.

Cannabis NB a perdu près de 12 millions $ au cours de ses six premiers mois d'existence et continue d'être déficitaire, bien que les ventes aient augmenté depuis. La société d'État a annoncé le mois dernier que ses pertes au deuxième trimestre de l'année en cours avaient été de 1,5 million $.

«C'est le meilleur moyen d'arrêter de perdre de l'argent», a expliqué le ministre jeudi. «Nous sommes responsables de l'argent des contribuables et nous devons être prudents avec cet argent.»

M. Steeves a soutenu que le gouvernement libéral précédent avait adopté dans ce dossier un mauvais modèle d'affaires, qui impose à la province des baux très coûteux pour ses 20 succursales. Le ministre a également déclaré que les règles du jeu mises en place par Santé Canada rendaient difficile le succès de cette entreprise. «Je suis convaincu que Santé Canada ne voulait pas que ça marche, a même soutenu M. Steeves. Santé Canada a énoncé des règles qui interdisent de montrer des clients souriants sur notre site internet, car cela pourrait encourager les gens à s'adonner à cette activité!»

Peu de temps après son ouverture en octobre 2018, on reprochait à Cannabis NB de vendre sa marijuana plus cher que sur le marché noir; ces prix ont depuis été réduits. Le ministre Steeves a déclaré jeudi que le gouvernement ne dicterait pas les prix au futur acheteur. «Ce n'est pas à nous de décider de leurs marges ou de ce qu'ils vont gagner. Nous allons évidemment réglementer et percevoir des taxes et tout ce que nous pourrons via le processus" d'appel de propositions», a-t-il dit.

Une décision au printemps ?

Les intéressés auront jusqu'au 10 janvier prochain pour soumettre leur proposition. Le gouvernement est à la recherche d'un exploitant privé unique _ qui sera donc responsable de l'exploitation, de la distribution et de la vente du cannabis à des fins récréatives dans les succursales du Nouveau-Brunswick.

Le ministre Steeves s'attend à recevoir plusieurs propositions, qui seront évaluées «en fonction de leur approche pour bâtir de solides partenariats directs et indirects avec les entrepreneurs locaux et les Premières Nations», indique-t-on. Une décision est attendue au printemps 2020, mais le ministre a évoqué la possibilité qu'aucune candidature ne soit retenue après cet appel de propositions.

Le mois dernier, la Société ontarienne du cannabis annonçait qu'elle voulait impliquer davantage le secteur privé dans l'entreposage et la livraison de la marijuana. Cette société d'État a eu du mal, comme au Québec notamment, à répondre à la forte demande initiale et a perdu 42 millions $ au cours de l'exercice terminé le 31 mars.

À Fredericton, le chef de l'Alliance des gens a salué la décision du gouvernement conservateur, mais Kris Austin souhaiterait aller plus loin encore en autorisant le libre marché plutôt qu'un monopole.

La Société médicale du Nouveau-Brunswick s'est dite quant à elle préoccupée jeudi par la privatisation et a demandé à participer aux discussions entre le gouvernement et le détaillant choisi.

«Bien que nous comprenions les défis financiers auxquels le gouvernement est confronté, il est important que la politique du gouvernement place la sécurité publique au premier plan de toutes les décisions concernant la vente de cannabis», a déclaré le docteur Chris Goodyear, président de l'association.

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