Le cas de Medipense et de son pilulier intelligent


Édition du 15 Août 2015

Le cas de Medipense et de son pilulier intelligent


Édition du 15 Août 2015

Medipense commencera à commercialiser son pilulier électronique à la fin de l’été.

Medipense est une petite entreprise sur le point de décoller. Elle a mis au point un pilulier électronique intelligent dernier cri qu'elle commencera à commercialiser à la fin de l'été. Son défi majeur : faire reconnaître la valeur de son innovation.

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Son fondateur, Terry A Fagen, ne connaissait rien au domaine de la santé. Spécialisé dans la haute technologie, il a cependant vu une occasion à saisir à la suite de son expérience d'aidant auprès de son père vieillissant et malade.

Avec son équipe de direction, issue elle aussi des technologies de l'information, il s'est rendu compte «des conséquences énormes pour le système de santé de la non-observance des prescriptions médicales, notamment par les patients atteints de maladies chroniques», explique Pierre Cardinal, vice-président, vente et marketing. En multipliant les hospitalisations, chaque année, le phénomène coûterait 9,3 milliards d'euros par an en France et entre 100 et 300 G$ (et 125 000 décès) aux États-Unis.

L'équipe de Medipense a mis deux ans pour développer son pilulier intelligent, le RxPense. L'instrument n'aurait pas son pareil dans le monde en ce qu'il intègre dans le même boîtier un système de gestion de prise des médicaments, une interface d'intégration des données des capteurs biométriques et des alarmes. Il permet de délivrer la bonne dose de médicament au bon moment, de s'assurer que le patient la prend et de transmettre ses signes vitaux si nécessaire au corps médical.

Le prototype est en cours de finalisation et la commercialisation devrait débuter en septembre. Déjà, le pilulier, qui sera vendu un peu moins de 2 000 $, intéresse des universités, dont des groupes de recherche sur l'observance des traitements, ainsi que des acteurs privés du système de santé et d'accueil de personnes âgées, ici et ailleurs.

«Notre clientèle cible, ce sont les gens atteints de maladies chroniques et les personnes âgées qui prennent beaucoup de médicaments. Nos marchés sont donc les particuliers, les maisons de retraite et les hôpitaux pour le suivi à distance de leurs patients», indique Pierre Cardinal. Medipense vise le Canada et les États-Unis, où des contacts sont déjà établis, avant d'aller ailleurs. L'Ontario, avec son intention de développer la télémédecine, représente une cible intéressante.

«Difficile d'attirer l'attention»

Les perspectives sont bonnes, la télémédecine et les soins à domicile étant des voies de plus en plus privilégiées par les gouvernements. Toutefois, «c'est difficile d'attirer l'attention, de trouver les bons interlocuteurs», déplore Pierre Cardinal : si «ça a bougé tout de suite dans le réseau de prise en charge des personnes âgées, au niveau gouvernemental, on n'a pas de réponse. On a de bonnes chances de commencer la commercialisation dans le privé», poursuit-il.

Les dirigeants de Medipense s'attendaient à ce que le processus avant les premières ventes soit long, passage obligé des secteurs devant faire de la R-D, mais ils espéraient que la reconnaissance de la valeur de leur innovation serait plus rapide. «On est une PME, on n'aura pas des capitaux sans fin.» L'entreprise de quatre employés est en train de boucler une deuxième ronde de financement après un premier apport de 540 000 $ provenant d'anges financiers. Elle prévoit embaucher 10 personnes à court terme (ingénieurs, techniciens et personnel administratif) et 50 d'ici deux ans.

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