adMare BioInnovations veut unir les forces d'un océan à l'autre

Publié le 17/01/2020 à 14:03

adMare BioInnovations veut unir les forces d'un océan à l'autre

Publié le 17/01/2020 à 14:03

Par Pierre Théroux
Des chercheurs dans un laboratoire.

(Photo: 123RF)

Au Technoparc Montréal, il y a l’Institut NÉOMED, fondé en 2012 dans le but de bâtir un pont afin de combler le fossé qui sépare la recherche fondamentale et la mise en marché de nouveaux médicaments. À l’autre bout du pays, à Vancouver, le Centre de recherche et développement des médicaments (CDRD) sert depuis 2007 de passerelle pour transformer les découvertes en produits thérapeutiques novateurs.

Ensemble, les deux établissements ont lancé en mai une nouvelle organisation pancanadienne, adMare BioInnovations, qui mettra en commun leur expertise et leurs ressources afin de favoriser et d’accélérer davantage la commercialisation des découvertes dans le domaine des sciences de la vie au Canada.

«Nous travaillons chacun de notre côté à repérer et faire avancer les innovations les plus prometteuses dans le domaine des biotechnologies. Nous le faisons déjà très bien, mais il est temps d’unir nos forces pour les développer et les commercialiser encore plus efficacement», précise Gordon C. McCauley, président et chef de la direction d’adMare BioInnovations, dont le nom est justement inspiré de la devise du Canada, A mari usque ad mare (D’un océan à l’autre).

 

Concurrence mondiale

Celle nouvelle alliance est d’autant plus importante que le Canada doit rivaliser avec les États américains du Massachusetts et de la Californie, qui ont créé les deux plus importantes grappes mondiales en sciences de la vie, qui reçoivent des milliards de dollars en financement public.

Cependant, «le Canada peut aussi compter sur une force indéniable en recherche universitaire dans le domaine des biotechnologies, fait valoir M. McCauley, qui est aussi président et chef de la direction du CDRD. Or, pour que cette industrie soit concurrentielle à l’échelle mondiale, et pour se hisser en tête de file sur le plan commercial comme nous le sommes en matière de recherche, il est indispensable de former une alliance pancanadienne».

adMare se consacrera donc à transformer la recherche universitaire de pointe en nouvelles entreprises d’envergure. «Compte tenu de son poids économique et démographique, le Canada est parmi les meilleurs au monde pour créer des start-up issues de la recherche universitaire, souligne-t-il. Mais il faut aider ces sociétés à grimper d’autres échelons pour qu’elles deviennent de petites ou moyennes entreprises de plus grande stature.»

 

Création d’entreprises

Le CDRD compte à son actif la création de sept sociétés canadiennes dérivées qui ont recueilli près de 600 M$ en capital de risque: Kairos Therapeutics, Sitka Biopharma, Zucara Therapeutics, Precision Nanosystems, Immcure Therapeutics, Mesentech et Sepset Biopharma.

NÉOMED, pour sa part, a lancé en février 2018 sa toute première entreprise dérivée, aujourd’hui nommée Epigene Therapeutics. L’année précédente, NÉOMED avait par ailleurs octroyé sous licence à BELLUS Santé son programme lié aux récepteurs P2X3 pour le traitement de la toux chronique. Ce dernier a été découvert et développé dans les installations de recherche et développement de l’Institut dans l’arrondissement de Saint‑Laurent.

Epigne se consacre au développement et à la commercialisation d’agents de modifications épigénétiques – soit les changements causés par l’activation et la désactivation des gènes – pour le traitement des patients cancéreux. Pour l’instant, «des études ont démontré leur efficacité sur des animaux et la prochaine étape est d’en évaluer l’impact sur les humains», précise M. McCauley, qui a auparavant été président et chef de la direction de deux biotechs de Vancouver, soit l’entreprise de services de soins de santé Viable Healthworks et la société spécialisée en neurosciences Allon Therapeutics.

D’autres créations d’entreprises devraient être annoncées sous peu. «Nous avons plusieurs projets intéressants dans notre pipeline depuis la création d’adMare», affirme son président.

 

Nouveau complexe d’innovation

Pour accélérer l’émergence et le développement de nouvelles découvertes et entreprises dans le domaine des sciences de la vie, adMare pourra compter sur le futur Complexe d’innovation et de commercialisation (CIC) actuellement en construction sur le terrain de l’Institut NÉOMED.

Ce nouvel établissement, qui nécessite des investissements de quelque 25M$, mettra à la disposition des «entrepreneurs-chercheurs» des laboratoires adaptés, des équipements partagés, des bureaux et des espaces collaboratifs, ainsi que de l’accompagnement dans leur processus de commercialisation.

«Il y a beaucoup d’intérêt: nous avons déjà loué 50% des espaces disponibles et nous espérons augmenter ce ratio à plus de 75% d’ici l’ouverture à l’été 2020», se réjouit Gordon C. McCauley.

Cet incubateur-accélérateur, d’une superficie de 50 000 pieds carrés, vise à combler une lacune dans la commercialisation de produits issus de la recherche universitaire, et ainsi résoudre «le problème du chaînon manquant dans le parcours de croissance d’une entreprise», espère NÉOMED.

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